avril 2008


photo : Franky Van Haesebroucke

Des nouvelles de la Belgique

Simon Lambert Lemay

Je vous écris en ce moment à partir du pays du vélo, la Belgique. J'y suis depuis environ un mois maintenant, après que mon équipe m'ait envoyé plus tôt afin de prendre de l'expérience de course. Je vis chez des gens passionnés de vélo, étant eux-mêmes d'ex-professionnels : Franky Van Haesabrouke, ancien pro en Europe et chez Navigators, maintenant directeur sportif d'une équipe continentale en Norvège, ainsi que Cindy Bauwens, ancienne du Tour de France et du Grio d'Italie féminin. Je suis donc entre de très bonnes main côté vélo. Je vis dans la ville d'Avelgem, au pied du Oude Kwaremont, du Patersberg et de tous les fameux Muur du Tour des Flandres. L'entraînement y est donc super intéressant et diversifié avec du plat, des côtes et beaucoup, beaucoup de vent. Enfin la température revient à la normale, car durant les trois premières semaines, j'ai roulé dans la pluie environ deux fois sur trois. J'ai déjà changé les câbles et gaines sur mon nouveau vélo, âgé seulement d'un mois et demi !

Ma première course était le lendemain de mon arrivée, il faisait 1 degré et il neigeait... ce fut la seule tempête de neige de l'année en Belgique ! Première impression assez dure de la Belgique, et ça n'a pas changé depuis. Les courses sont très différentes de celles du Québec, surtout en raison du bassin de coureurs, beaucoup plus important. J'ai déjà eu le dossard 154 lors d'une course, alors que pas trop loin, la même journée, une autre course comptait 230 partants. Ainsi le nombre de coureurs qui peuvent gagner la course est plus important, ce qui rend la course beaucoup plus difficile.

Il m'a fallu 5-6 courses afin de vraiment comprendre comment courir en Belgique : courir absolument dans les 15 premiers, et surtout ne pas manquer l'échappée, car quand le bon move part, c'est souvent l'échappée gagnante.

Les belges ne travailleront pas ensemble afin de revenir, ils vont juste essayer d'attaquer afin de boucher le trou pour eux-mêmes, ce qui désorganise le groupe de chasse. Ainsi, plusieus fois j'ai manqué l'échappée, et fut le bouffon qui essaya d'organiser le tout en roulant tempo avec différentes équipes pour revenir, et qui se faisait attaquer quand on était sur le point de faire la jonction !

Cependant, ce dernier week-end fut sans erreur de ma part, ce qui donna une deuxième place et une belle victoire. Les deux courses furent disputées dans des conditions difficiles, ce qui a tourné à mon avantage car j'ai simplement décidé de faire subir au lieu de subir, ce qui m'a permis d'être toujours en excellente position pour la gagne.


photo : Franky Van Haesebroucke

Toutefois, ce que j'aime le plus en Belgique, c'est le mode de vie. Je suis un peu sur un nuage, vivant un peu la vie de cycliste professionnel : manger, dormir et faire du bécyk ! À la place de parties de hockey, ce sont des courses professionnelles qui passent live à la télé. Heureusement (ou malheureusement...) que l'école me garde les deux pieds sur terre. Toutefois, avec le cégep à distance, tout est plus simple et me permet de faire ce que j'aime le plus, tout en continuant d'aller à l'école.

Mon équipe américaine, Hot Tubes Developments, arrive la semaine prochaine pour les grosses courses. Nous allons donc participer à l'Europe Flanders Classic (Tour des Flandres juniors : 130 km avec plus de 15 muurs) le premier mai, en plus de deux courses par étapes en France.

Voilà, je vous souhaite à tous et toutes un bon début de saison, et on se revoit à Charlevoix. Pour ma part, je vais retourner aux intégrales indéfinies ainsi qu'à la définition de liberté selon Jean-Paul Sarthe avant d'aller m'entraîner !


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