
C'est contraire à toutes les prévisions mais c'est sous le soleil que se sont déroulés les préparatifs et la plus grande partie de la Roue Tourangelle hier, 23 mars. Certes le soleil de Pâques était présent mais cependant c'est sous le froid que les Calyon et les autres ont été présentés à Sainte-Maure de Touraine dans une ambiance particulièrement festive.
Depuis quelques jours Bernard Vives est inquiet pour deux de ses coureurs qui viennent de passer la journée de samedi sans rouler pour tenter de se « retaper ». Si Mathieu Roy sera finalement sur la liste des partants après qu'Isabelle Vives ait couru les pharmacies tourangelles pour trouver enfin le remède miracle, son coéqupier William Goodfellow ne participera pas à la course sur le vélo.
Pourtant, le brave Will jouera un rôle déterminant dans l'épreuve organisée de main de maître par Bernard Machefer et toute son équipe. En effet il servira de traducteur lors de la réunion des Directeurs Sportifs et montera ensuite dans la voiture de Radio Tour pour traduire en anglais les propos du Directeur de Course. Fiévreux et affaibli il suivra ainsi bien au chaud et aux avants-postes les diverses péripéties de l'épreuve.
Cette fois la voiture Calyon est assez bien placée, le tirage au sort a attribué le dixième rang dans la file des voitures suiveuses. Après un défilé au son de l'accordéon puis un parcours neutralisé de près de 10 kilomètres, le départ est enfin donné et, comme dimanche dernier, une chûte se produit avant le premier virage, deux coureurs sont à terre, le numéro 13 ne repartira malheureusement pas.
Dès la sortie du village et grâce à un parcours virvoltant à travers la campagne tourangelle on s'aperçoit que les Calyon sont devant et qu'ils ont décidé de marquer de leur empreinte les premiers kilomètres. William nous confirmera le soir que ses coéquipiers ont souvent mené les débats. Dès le kilomètre 3, c'est Mathieu Roy qui lance l'attaque mais il est vite repris par un peloton qui ne l'entend pas de cette oreille. Puis c'est au tour de Maxime Vives de se glisser dans un petit groupe de huit pendant 3 kilomètres. Les grosses « armadas » ramènent tout le monde. Avant la première bosse que nous avons repérée et décortiquée pour l'équipe la veille, le peloton roule en file indienne et nous n'apercevons aucun Calyon à l'arrière. C'est bon signe.
Kilomètre 13, premier Challenge des Chateaux monté au train, personne n'est laché. La prime du kilomètre 37, du numéro du département d'Indre et Loire, fait beaucoup plus de dégâts. Le peloton est scindé en quatre bordures sur un plateau très venteux. Devant on s'organise, Charlie Vives joue des coudes pour garder sa place, alors que David Bergeron est vite relégué derrière. La logique est respectée, un coureur qui manque de kilomètres est vite mal à l'aise dans une telle épreuve. Il ne reste donc plus que 5 Calyon à l'avant.
Maheureusement, Mathieu Roy, malade depuis quelques jours, ne peut pas tenir il « met la flèche » au kilomètre 50 après avoir roulé au maximum de ses possibilités. « Je n'étais pas dedans » nous confie-t-il entre deux quintes de toux en montant dans la voiture. Bernard s'enquiert auprès de lui de l'état des quatre survivants de l'équipe. Mathieu nous rassure immédiatement en insitant sur le fait que « c'est vraiment plus dur ici, il va falloir que je me soigne et que je continue à m'entrainer comme il faut ».
On approche le ravitaillement, les bosses se succèdent, le terrain n'est plus jamais plat. Le manager de l'équipe est heureux de la tournure des évènements, certes les Calyon ne sont plus là pour la gagne mais ils se sont montrés et « avec deux malades on est toujours dans le peloton ». Plus pour longtemps cependant car Charly est aperçu souvent à l'arière du peloton principal alors que deux Ukrainiens sont déjà partis pour la gagne. Soudain il saute, nous le doublons en lui signalant de monter dans la seconde voiture au ravitaillement. Finalement, après près de 100 kilomètres, il continuera directement jusqu'à l'arrivée à Tours ajouatant ainsi 50 kilomètres supplémentaire à son compteur, effort d'autant plus méritoire qu'il sera effectué avec une roue « broyée » qui le freinera dans son pédalage.
« Notre objectif était d'aller avec le plus de coureurs possibles le plus loin possible » reconnaît Bernard Vives alors que le soleil disparaît pour laisser la place à d'inquiétants nuages noirs. Les 3 M, Mike Norton, Maxime Vives et Matt Guse roulent dans un peloton de battus emmenés à très vive allure par cinq Designa Kokken qui veulent faire sauter du monde de ce groupe. À cause de ces coups successifs il ne reste plus que le New-Yorkais dans le peloton. Max et Matt sautent dans les dernières bosses communes au parcours de la célèbre classique Paris-Tours. Pour eux maintenant le principal est de rallier la ligne d'arrivée. Ils le feront tous les trois à la grande satisfaction de leur Directeur Sportif, bien que le groupe de Mike Norton ait du mettre pied à terre à l'entrée du circuit final pour céder le passage aux attaquants du matin.
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