4 mars 2008

Le bras de fer s'intensifie avant le Paris-Nice

Gilles Le Roc'h

Paris-Nice aura sans doute lieu la semaine prochaine mais le bras de fer entre d'un côté l'Union cycliste internationale UCI et de l'autre la société ASO et les équipes a encore pris de l'ampleur mardi.

L'organisateur de la "Course au Soleil" n'a cédé en rien à l'instance dirigeante qui a réitéré ses menaces de suspendre les coureurs qui participeraient à une épreuve que l'UCI refuse de cautionner.

L'UCI et ASO se disputent depuis des années au sujet du Pro-Tour. L'UCI reproche en outre à ASO d'avoir exclu l'équipe Astana des épreuves qu'elle organise, notamment Paris-Nice et le Tour de France.

Mardi matin, conformément à ce qu'il avait annoncé la semaine dernière, le Français Eric Boyer, président de l'Association des Groupes Sportifs Professionnels (AIGCP), a annoncé à Pat McQuaid, dans le bureau du président de l'UCI, que toutes les équipes sélectionnées par ASO seraient dimanche au départ de Paris-Nice à Amilly.

En dépit du règlement de l'UCI stipulant que des équipes du Pro-Tour ne peuvent s'inscrire dans une course de catégorie nationale, elles ont décidé de signer, lundi, la convention proposée par ASO pour le déroulement de Paris-Nice.

"J'avais appelé les managers des équipes, un à un, il y a une semaine", explique Eric Boyer. "Pas un seul ne m'avait dit qu'il ne présenterait pas de coureurs dans cette course. J'en avais informé toutes les parties prenantes par un communiqué et je n'ai pas apprécié que Pat McQuaid me traite de menteur durant le week-end. Je le lui ai dit ce matin.

« La mort du cyclisme »
"Cela ne s'est pas très bien passé. Il m'a dit que si Paris-Nice avait lieu, ce serait la fin de l'autorité de l'UCI et la mort du cyclisme. Je lui ai répondu que si nous n'en prenions pas le départ dès dimanche, ce serait la mort du cyclisme dès lundi. Les sponsors arrêteraient de payer pour des courses qui n'ont pas lieu. L'AIGCP privilégie seulement le sport et le bon sens en toute indépendance."

Pat McQuaid a alors prévenu qu'il allait adresser une lettre dans l'après-midi aux coureurs. "Tout cycliste au départ de Paris-Nice sera suspendu six mois, écopera d'une amende de 10 000 francs suisses et sera privé des Jeux olympiques en août à Pékin", dit la lettre.

"J'ai eu, depuis, quelques coureurs au téléphone", assure Eric Boyer, par ailleurs manager de l'équipe Cofidis. "Je pense que ces menaces ne vont pas les empêcher de courir. Ils discutent déjà, entre eux, pour définir la réponse qu'ils vont formuler à l'UCI. Ils sont en colère et vont le faire savoir."

ASO a réagi sous la forme d'un communiqué. L'organisateur maintient Paris-Nice, insiste sur la légalité d'une épreuve organisée sous l'égide de la Fédération française de cyclisme et réaffirme la volonté des 20 équipes invitées d'y participer.

La société réclame en outre que l'épreuve reste considéré comme une course majeure du calendrier.

ASO revendique droit de choisir les équipes qui participent à ses épreuves et accuse l'UCI de lancer "des menaces totalement disproportionnées."

La parole est maintenant aux coureurs.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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