18 février 2008Toulon
Rendez-vous est donné à la tombée de la nuit. L'heure où la circulation automobile est la plus dense, les cyclistes téméraires s'en vont en balade. La légitime possibilité de pouvoir circuler en vélo se transforme vite en aberration dans le regard de nombreux automobilistes.
Circulation Une troupe de férus de vélo se rejoint chaque dernier vendredi du mois dans le cadre de la « masse critique » pour mener leur « vélorution » En contrebas de la gare, descendre l'avenue Vauban n'est pas non plus sans risque. Parmi les cyclistes, Olivier Larribau, professeur au lycée Rouvière, se demande « pourquoi rien n'a été pensé pour les vélos ici, alors que l'avenue a été refaite récemment ? »
Ensuite, l'option choisie est de prendre le boulevard Leclerc, en direction de la place Gabriel-Péri. Un choix qui s'avère très périlleux, l'axe principal de la ville n'est pas non plus très accueillant. « Il nous est interdit de prendre le couloir de bus, alors nous empruntons la route », invective Olivier à ses camarades. Conscients des ralentissements occasionnés, les cyclistes aimeraient rappeler leur vieil adage « Nous ne gênons pas la circulation, nous sommes la circulation. »
Entre le lycée Bonaparte et le tribunal de grande instance, avenue Winston-Churchill, une bande cyclable a été prévue? sur le trottoir. « Ne passez pas ici à l'heure de la sortie des lycéens, la cohabitation avec les piétons peut s'avérer délicate », plaisante un des cyclistes.
Le plus difficile arrive
« Rue Jean-Jaurès, la bande cyclable continue, mais en contresens ! Sans parler des voitures constamment garées dessus. On doit souvent les contourner malgré le risque encouru », continue-t-il.
Passées les frayeurs de la première partie du trajet, la suite du parcours se révèle être tout autant dangereuse. Après la place d'Armes, prendre l'avenue de la République est digne des plus grands cascadeurs. « Un seul panneau, peu en évidence, indique une vitesse limitée à 30 », se plaint Olivier.
Mais vers 19 h 30, le plus difficile arrive : remonter l'avenue Roosevelt. Passer d'abord le rond-point Bonaparte, puis s'engager le long de l'avenue. « Traverser de droite à gauche les cinq voies de circulation pour rejoindre le boulevard Clemenceau relève du suicide », reconnaît un membre de l'épopée, encore vivant à cette heure du soir.
Le quartier de Saint-Jean-du Var sera épargné, le retour se fera donc par l'avenue du Commandant Marchand et le boulevard de Tessé, jusqu'à la gare. Le constat està sans appel : la cohabitation entre vélos et autos est plus que difficile.
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