27 février 2008
Les vives critiques proférées par l'Union Cycliste Internationale par le biais de son président Pat McQuaid n'y auront rien fait. Les organisateurs de Paris-Nice ont confirmé mardi soir que la "Course au soleil" aurait bien lieu du 9 au 16 mars sous l'égide de la Fédération française de cyclisme et selon la loi en vigueur dans l'Hexagone. Une position forte de la part d'ASO qui peut en outre se targuer d'avoir réussi à attirer dans son camp la majorité des équipes qui seront bien au départ de l'épreuve dans une dizaine de jours.
L'Union Cycliste Internationale a eu beau tenter de les effrayer, les organisateurs de Paris-Nice n'ont pas tremblé. Vivement décriée par l'instance internationale et son président Pat McQuaid, suite à sa demande prononcée lundi soir à la Fédération française de cyclisme pour que la "Course au soleil" se dispute sous son égide, Amaury Sport Organisation a confirmé mardi dans la soirée que la traditionnelle première grande épreuve à étapes du calendrier se courra bien sous la tutelle de la FFC. Au grand dam de l'UCI qui, par le biais d'un communiqué, avait fait savoir mardi que dans ce cas "cette épreuve n'aura pas de classement ni de vainqueur" et que "cette violation au règlement engagerait, en premier lieu, la responsabilité de la FFC."
C'est donc cette dernière qui aura en charge tous les à-côtés de la course en raison de la convention que ses dirigeants ont signé pour que Paris-Nice soit inscrite cette année au calendrier national français. La Fédération française s'est donc engagée à dépêcher des commissaires de course pour assurer la sécurité du peloton, à trouver également les fonds pour les prix décernés aux coureurs mais aussi à prendre en charge les contrôles antidopage, ce qui devrait être assuré par les inspecteurs de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). En acceptant la demande faite par ASO et donc en ne respectant pas le règlement de l'UCI, la Fédération française prend un risque assez considérable puisqu'elle pourrait se voir priver, entre autres, d'inscriptions pour les Jeux Olympiques de Pékin, ou encore des Mondiaux de Varèse en septembre.
Le ras-le-bol des équipes
De son côté, ASO, qui avait déjà prôné son indépendance en n'invitant pas Astana sur ses épreuves cette année, a ainsi fait un pas de plus dans son processus d'émancipation. Reste que si Paris-Nice aura bien lieu comme prévu du 9 au 16 mars, et ce désormais selon les règles techniques de la FFC en application de la loi française, la question était de savoir quelle position allaient adopter les équipes. Poussées par l'UCI à ne pas se rendre au départ de la course, la majorité des formations invitées voilà deux semaines (17 Pro-Teams plus Agritubel, Slipstream et Skill) semblent pourtant avoir pris le parti de disputer la "Course au soleil".
Car quoique veuille en dire McQuaid, Paris-Nice demeure une épreuve importante de la saison et les sponsors, qui exigent un légitime retour sur investissement, veulent toujours en être. La majorité des managers sportifs avaient ainsi déjà confirmé mardi soir aux organisateurs leur présence au départ d'Amilly, dans le Loiret, dans une dizaine de jours. Néanmoins, l'Association des groupes cyclistes professionnels (AIGCP), dans un communiqué, a exprimé son ras-le-bol de voire encore une fois les équipes victimes de ce conflit, d'autant plus que ce coup-ci, l'UCI avait demandé aux formations invitées de boycotter la course.
Eric Boyer, manager de Cofidis et président de l'AIGCP, a ainsi passé sa journée d'hier à consulter ses collègues afin de faire part à l'UCI dans les prochaines heures de leur décision, laquelle devrait être unanime, et concernera leur position pour toutes les courses de la saison. Les équipes semblent désormais bien déterminées à jouer le rôle d'arbitre dans le conflit entre l'UCI et les organisateurs. Pour ne plus être de simples otages réduits au silence.
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