5 février 2008

Dorel sur la route du haut de gamme

Les Industries Dorel faisaient déjà dans le vélo. Des bécanes surtout pour la masse. Hier, ses patrons se sont offert Cannondale, une marque qui vise les sportifs plus fortunés, aux mollets plus fermes.

Stéphane Paquet

L'entreprise montréalaise, qui vend des produits allant des sièges pour enfants aux mobiliers de salon, paie entre 190 et 200 millions US pour mettre la main sur Cannondale et la marque de vêtements Sugoi. Le prix final dépendra des prochains résultats.

En Bourse, cette arrivée d'un vélo haut de gamme dans l'écurie de Dorel a eu le même effet qu'un peu d'EPO pour un participant au Tour de France : fait inhabituel, le titre a pris près de 10%, à 32$, ce qui demeure toutefois moins qu'il y a cinq ans.

Les nouveaux vélos ajouteront quelques 200 millions de dollars (dont 17% des vêtements Sugoi) aux ventes de Dorel, qui devient ainsi le troisième marchand de vélos de la planète, derrière Trek et Specialized.

Du même coup, Dorel s'éloigne un peu plus du secteur des meubles de maison, beaucoup moins rentable. « L'achat de Cannondale correspond à notre objectif de nous concentrer (...) sur les secteurs récréatif et pour enfants, qui offrent le plus grand potentiel », a affirmé le grand patron de Dorel, Martin Schwartz, en téléconférence.

En entretien, M. Schwartz a toutefois précisé que la division des meubles n'est pas à vendre. « Il y a un bon potentiel, même si nous avons beaucoup de travail à faire », a-t-il reconnu.

Pour les neuf premiers mois de l'exercice, la division des meubles de maisons de Dorel a enregistré des ventes de 350 millions... avec un bénéfice d'exploitation de moins de 7 millions.

Les produits récréatifs - qui incluent les vélos - ont pour leur part connu un bénéfice de 27 millions pour moins de 290 millions de ventes.

Dès hier, l'analyste Sara O'Brien, de RBC Marchés des capitaux, a fait passer son prix cible sur le titre de Dorel de 36$ à 40$.

Dans son analyse, elle souligne qu'environ 40% des ventes de Cannondale se font en Europe. En tout, l'entreprise, dont le siège est situé au Connecticut, vend ses vélos dans 70 pays, ce qui offre à Dorel «une plus grande diversification dans un marché où les marges sont plus grandes ».

L'analyste Airan Friedman, d'Accountability Research Corporation de Toronto, figure parmi les plus optimistes quant au titre de Dorel.

En décembre, il avait écrit que Dorel pourrait être intéressé par Cannondale. I1 prévoyait alors que la valeur de l'action atteindrait les 38 $ dans le courant de l'année.

M. Friedman n'a pas refait tous ses calculs hier, mais estime tout de même que l'acquisition de Cannondale pourrait ajouter de 3 à 4 $ à sa prévision antérieure.

Nouvelle clientèle
Plus encore, il se réjouit du fait que Dorel diversifie sa clientèle, en se rapprochant du sport d'élite « où les marges sont plus grandes et où il y a moins de pression de la part des détaillants comme WalMart, qui force les fournisseurs à réduire leurs prix de façon excessive ».

Avec cette acquisition par emprunt, Dorel a aussi décidé de revoir sa structure. Désormais, les produits récréatifs regrouperont, d'un côté, les produits de masse et, de l'autre, les produits haut de gamme, vendus par des détaillants indépendants. Ce dernier secteur regroupera Cannondale, Sugoi et les vélos GT, que produisait déjà Dorel.

Le gros des revenus de Dorel continuera toutefois de provenir de sa division des « Produits de puériculture ». (C'est le nom officiel de la division des produits pour les enfants, comme des sièges d'auto et des poussettes.) Pour les neuf premiers mois de l'année, la division a enregistré des ventes de 716 millions, avec un bénéfice d'exploitation de 80 millions.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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