20 février 2008
Huit ans autour du monde à vélo, c'est une expérience propre à Verena et Luciano Lepre. Une aventure qu'ils racontent à travers un diaporama ce vendredi à Sion.
Régine Boichat
En 1996, Verena et Luciano Lepre quittent tout et enfourchent leur bicyclette au départ de Villeneuve. Destination? Inconnue. Le seul lieu où ils ont prévu de passer est Katmandou. Aller à la rencontre d'autres cultures est leur but premier. Peu importe le chemin, peu importe le temps que cela durera. S'ils choisissent le vélo, c'est pour être encore plus libres, mais aussi par respect pour la nature. Cette épopée à travers le monde durera huit ans. Ce qu'il en reste, c'est un souvenir sans pareil, une expérience riche que le couple souhaite partager. Les photographies de Luciano, le récit de Verena, un véritable documentaire que le couple présente à travers la Suisse.
Une histoire de rencontre
« C'est une façon de vivre. C'est être nomad e», sourit Verena Lepre. Mais le moyen de transport plutôt atypique pour un tour de cette ampleur n'est pas ce que le couple souhaite mettre en avant. « C'est avant tout une histoire de rencontres », poursuit Verena. « Il y en a eu de toute beauté. Chaque inconnu peut être un ami. Ces rapports humains sont extraordinaires. » Chaque matin, Verena et Luciano se mettent en selle dans une direction que les locaux leur conseillent. «Si l'on prend un guide, on se ferme les portes. On se perdait sans arrêt, mais on demandait notre chemin aux gens du coin, et les contacts n'étaient que plus beaux. » Ils logent la plupart du temps sous tente. Parfois ils s'arrêtent quelques jours, le temps de reprendre leur souffle. « C'est un luxe de ne pas être pressé, de n'avoir aucune contrainte. »
Un système d'échange
« On vivait avec dix francs par jour », raconte l'aventurière. Ils proposent parfois textes et photos, un mélange de deux talents, à des journaux ou magazines locaux, histoire de gagner un ou deux sous. Le reste du temps, ils monnaient avec un moyen vieux comme le monde, l'échange. « Quand on logeait ou mangeait chez l'habitant, on leur donnait un coup de main. Si c'étaient des carreleurs, on faisait du carrelage, si c'étaient des jardiniers on faisait du jardinage. » Un échange que le couple estime profondément humain.
Des conditions parfois extrêmes
De ce tour du monde, le couple n'en garde que le meilleur. Pourtant, les conditions étaient parfois extrêmes. Deux mois au Tibet entre 4500 et 5000 mètres d'altitude, à –25° C, sans compter le manque d'oxygène, d'autres auraient jeté l'éponge. « Il y avait 99 raisons de tout quitter, mais le plus beau était d'en trouver une seule pour continuer. » Et qu'en est-il du couple, dans une telle épreuve ? « Vivre vingt-quatre heures sur vingt-quatre ensemble, et dormir chaque nuit dans une tente minuscule est un vrai challenge. On racontera quelques anecdotes lors des diaporamas. »
Atterrissage en douceur
« On est de retour depuis quelques années mais on prend le temps d'atterrir », souligne Verena Lepre. « On ne veut plus retomber dans le piège de notre société. La consommation, le stress. On essaie de continuer à vivre comme lors de notre voyage, sans horaire fixe. » Aujourd'hui, le couple navigue pour présenter son périple. Un échange avec le public qui les ravit. À côté de cela, ils ne vivent que de bénévolat. Et ce qui leur semble le plus important, toujours s'immerger de cultures différentes. « Nous avons une chance inouïe en Suisse d'avoir tous ces étrangers. Cette diversité de culture peut nous apporter une richesse incroyable. »
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