9 février 2008
Dorel a mis la main sur Cannondale, un fabricant de bicyclettes haut de gamme lundi. Cette nouvelle incursion dans le secteur du vélo est en général bien reçue par les marchés financiers. Un analyste met toutefois un bémol, jugeant la transaction de près de 200 M$ cher payée.
Géraldine Martin
« Le prix payé est élevé, étant donné le faible dynamisme de l'industrie du vélo », juge Claude Proulx, analyste chez BMO Marchés des capitaux.
Dorel n'a pas dévoilé tous les détails financiers de la transaction. On sait seulement, selon M. Proulx, que le multiple payé pour Cannondale est plus élevé que celui payé pour Pacific Cycle en 2004 (soit environ sept fois les profits avant intérêts, impôts et dotations aux amortissements).
Selon la direction de Dorel, l'écart se justifie par la force des marques Cannondale et Sugoi, un fabricant de vêtements de sport inclus dans la transaction.
M. Proulx s'inquiète particulièrement de la vigueur de la concurrence.
« Les autres fabricants comme Trek, Specialized et Giant essaieront de s'approprier les meilleurs concessionnaires de Cannondale en jouant sur le fait que les vélos de Cannondale pourraient également se retrouver chez les grands détaillants. »
Nouveaux débouchés
Car jusqu'ici, Dorel vendait ses vélos aux grands détaillants seulement par le biais de Pacific Cycle. L'achat de Cannondale lui permet d'utiliser un nouveau canal de distribution : les concessionnaires indépendants.
Cette diversification a largement été applaudie par la communauté financière, qui a relevé d'autres avantages à la transaction.
« Le plus grand intérêt de cette acquisition réside dans les possibilités de croissance », affirme Hugues Bourgeois, analyste à la Financière Banque Nationale.
Cannondale pourra, par exemple, vendre divers accessoires que Dorel commercialise déjà avec Pacific Cycle. D'autres acquisitions peuvent également être envisagées dans ce secteur, a mentionné lundi Martin Schwartz, président et chef de la direction de Dorel.
Davantage diversifiée
Enfin, « cette transaction va réduire encore davantage l'exposition de Dorel dans le secteur du prêt-à-assembler, qui est un boulet depuis un moment », mentionne Jessy Hayem, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins.
Dorel exploite en effet trois grands secteurs: la puériculture avec des articles comme des poussettes ou encore des sièges de voiture ; le secteur récréatif avec des vélos; et le mobilier de maison, soit divers meubles prêts à assembler.
Lors des plus récents résultats financiers de l'entreprise, le secteur Mobilier de maison a pour la première fois moins rapporté que le secteur du vélo.
Avec des revenus de 350,3 M$ US au cours des 9 premiers mois de l'exercice 2007, le secteur Mobilier a rapporté 17,5 M$ US de profits d'exploitation.
Avec moins de revenus (288,9M$US), le secteur récréatif a généré plus de profits 27,1 M$ US.
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