21 février 2008
Le passeport sanguin, imposé au peloton dans l'urgence de l'après saison 2007, n'empêche pas le cyclisme français de s'accrocher à son suivi longitudinal, mesure efficace au vu de l'état de santé général du peloton national et notamment de la rareté des cas de dopage.
Françoise Chaptal
Médecin de la Fédération française de cyclisme, Armand Mégret, qui présentera dimanche comme chaque année le bulletin de santé des cyclistes français lors de l'assemblée générale de la FFC, ne décolère pas du mépris de l'Union cycliste internationale (UCI) envers sa proposition d'européaniser le suivi à la française.
Obligée de réagir ostensiblement après le désastre du Tour de France-2007, l'UCI lui a préféré le passeport sanguin, «opération de com», dixit Mégret, grâce à laquelle « les politiques se font de la laine sur le dos du cyclisme ». Et une philosophie diamétralement opposée: là où le suivi se veut avant tout sanitaire, le passeport a, selon le souhait de ses concepteurs, un objectif d'abord répressif.
Inscrite dans la loi au lendemain du Tour-1998, l'obligation de soumettre les sportifs français à un suivi médical longitudinal a introduit dans le sport la notion de médecine du travail chère au docteur Mégret.
Grâce à la batterie d'analyses biologiques imposée quatre fois l'an aux professionnels -assortie d'examens cardiaques ou psychologiques moins fréquents-, la FFC a ainsi décelé une sous nutrition -voire une anorexie- patente d'une partie du peloton, une ostéoporose prononcée chez les femmes ou une hyperferritinémie supérieure à la moyenne, indicatrice d'un probable dopage sanguin.
« Qui est le dernier Français positif ? »
« Quand il y a anomalie, le coureur est prévenu. Et si besoin, il y a contre-indication » et donc arrêt de travail, version médicale de la suspension, qui peut durer plusieurs mois. « Que cette anomalie soit engendrée par le dopage, la pratique du haut niveau ou une maladie, le médecin doit la traiter et prendre des décisions en conséquence », indique le Dr Mégret, auteur d'une lettre ouverte en novembre dernier sur les dangers de la mise en place précipitée d'un passeport sanguin répressif.
La surveillance médicale étroite des coureurs français a eu un effet direct sur leur conduite dopante : « Qui est le dernier pro français à avoir été contrôlé positif ? » demande Mégret. « Personne n'est capable de me répondre. Je crois que ça remonte à 2002. Tout le monde nous dit que notre système est formidable. Pourquoi on essaie pas de l'appliquer sur le plan international ? »
À la critique scientifique, s'ajoute le scepticisme sur la viabilité du passeport sur le plan du droit. Directeur juridique de la FFC, Christophe Lavergne redoute que les premières sanctions prises sur la base d'un passeport suspect n'entraînent des contestations.
« Il aurait peut-être fallu rester dans un premier temps sur une base sanitaire. Le suivi, c'est un outil qui fonctionne et qui a montré ses forces. Et l'effet dissuasif, pour un professionnel, de la contre-indication médicale n'est pas négligeable », juge-t-il.
page mise en ligne par SVP

vélo
ski de fond
plongeon
Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive