17 janvier 2008
Frédéric Retsin
Ce n’est sans doute pas le moindre des paradoxes ! Voilà une discipline décriée, accusée des pires perversités, présentée devant le peloton d’exécution de la morale sportive, délaissée du grand public. On peut toujours se dire que ses principaux acteurs ont largement contribué à alimenter la mauvaise réputation mais la passion s’accroche. À l’image de la bonne santé des salons dédiés au vélo.
Celui de La Bassée (quatorzième édition) est une institution régionale : 2 700 visiteurs en moyenne. Depuis 1994, le rendez-vous initié par Jacques Dubois et Éric Delaye s’est largement développé : cette année, on ouvrira un chapiteau supplémentaire pour la bourse. On est aussi passé à cinquante-quatre exposants dont quelques Belges tentés par la curiosité.
« En 2007, nous étions venus pour la première fois et le retour n’avait pas été négligeable », explique-t-on chez Capino, un marchand bien connu des frontaliers de la métropole situé à Wevelgem. Avec 30 à 40 % de clientèle française, le négociant flamand cerne ses priorités. D’où son retour à La Bassée en dépit du deuxième Vélofollies créé sur le pas de sa porte. À Courtrai, on entre dans une autre culture ! Une quatrième dimension ! Trente-cinq mille mètres carrés de halls, d’expositions, de cafés-rencontres à la bonne franquette avec Johan Museeuw, Nico Mattan, Dirk Nachtergæle ou Jean-Marie Leblanc (qu’on verra aussi à La Bassée), une piste de BMX (une manche du championnat de Belgique), une autre de trial (Coupe du monde), la présentation de l’équipe Quick Step et 15 236 entrées payantes – sur trois jours – en décembre 2006. C’est du lourd, presque de l’industrie à l’adresse d’un public spécialisé.
« La base est solide »
« Nous organisions beaucoup de salons pour les professionnels et nous souhaitions faire connaître le Xpo au grand public. Après, une étude a révélé que le vélo restait le thème porteur en Belgique », rapporte le directeur de la manifestation Pieter Desmet. « Ici, c’est le public du Het Volk, de Gand-Wevelgem, du Tour des Flandres, de Paris-Roubaix ou du Tour de France. » Cette fois, il espère vingt mille visiteurs. « On a même réduit le prix d’entrée (quinze euros en 2006) pour l’indexer sur celui des cyclo-cross. » « La base est solide », se réjouit Jean-Marie Leblanc. « La Belgique reste une exception mais le “fond de commerce” des “aficionados” permet de soutenir l’économie du vélo, du tourisme et des collectivités. Il reste une “tribu” fidèle de pratiquants sur laquelle il faut s’appuyer pour sortir du chahut actuel. »
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