20 janvier 2008
Alain Rumpf, le manager de l'UCI Pro-Tour, est présent en Australie pour le lancement de la saison cycliste et a répondu aux questions de Reuters.
Gilles Le Roc'h
La promotion du Tour Down Under, dont l'organisation est absolument irréprochable, a constitué une surprise et rend difficile l'argumentation des dirigeants de l'UCI qui jugeaient impossible, il y a deux ans, que le Pro-Tour s'exporte hors d'Europe.
Reuters: Alain Rumpf, n'est-ce pas surprenant de demander aux coureurs d'être opérationnels dès le mois de janvier ?
Alain Rumpf: Il sera possible de répondre à cette question dimanche soir prochain après la dernière étape. Il y a effectivement des coureurs qui pensent que c'est trop tôt mais la date d'une course peut changer. Il faut dire qu'il y avait une opportunité à ne pas manquer et l'UCI n'a pas hésité à demander, en septembre dernier, aux organisateurs du Tour Down Under s'il était possible qu'ils fassent les efforts nécessaires pour accueillir les 18 équipes du Pro-Tour. En 72 heures, Mike Turtur et son équipe donnaient leur accord.
Reuters: Pourquoi parlez-vous d'une opportunité ?
Alain Rumpf: Parce que l'extension du Pro-Tour en Australie, sur d'autres continents bientôt, est logique. La mondialisation du cyclisme n'est pas nouvelle, il y eut bien des tentatives au Canada et au Japon dans les années 90. Les circuits continentaux fonctionnent très bien et la globalisation du cyclisme est une réalité.
Reuters: S'il n'y avait eu la brouille avec les organisateurs des trois Grands Tours, jamais le Tour Down Under ne serait devenu une épreuve du Pro-Tour ?
Alain Rumpf: Il ne faut pas dire ça. Il faut admettre que 70% des grandes épreuves se déroulent en Europe mais il reste 30% pour en organiser ailleurs. Je constate que Vladimir Poutine souhaite une course du Pro-Tour en Russie, la Chine également. Faut-il leur dire non ?
Reuters: Il y a deux ans, le président de l'UCI Pat McQuaid avait affirmé ici-même aux Australiens: "Il est impossible pour un organisateur hors d'Europe de déplacer 20 équipes. Le Pro-Tour ne pourra venir ici..."
Alain Rumpf: Je constate que les organisateurs du Tour Down Under ont fait ce qu'il fallait pour ça et pas une course n'offre un tel confort aux coureurs: voyage en business class, hôtel cinq étoiles et des conditions de travail pour les mécaniciens incomparables. De ce point de vue, le Pro-Tour a sa place ici.
Reuters: Le concept du Pro-Tour consiste en "les meilleurs coureurs dans les plus grandes courses". Que pensez-vous du plateau ici ?
Alain Rumpf: Il y a bien les meilleures équipes mais il semble difficile de demander aux coureurs préparant les classiques ou ceux axant leur saison sur le Tour de France de venir ici. C'est ce que nous disent les managers pour expliquer leur composition d'équipe dans le Tour Down Under. Nous allons continuer de travailler en concertation avec les équipes et les coureurs pour améliorer cela.
Reuters: Avec les nouveaux marchés en Australie, en Chine ou en Russie, ne craignez-vous pas un clash avec les organisateurs européens avec qui ces courses entreront en concurrence ?
Alain Rumpf: Il me semble que les équipes ont un effectif suffisant pour disputer toutes ces courses.
Reuters: Quelles sont vos relations avec la société ASO aujourd'hui ?
Alain Rumpf: Puisque ses épreuves ne font plus partie du Pro-Tour, je ne veux plus faire de déclaration publique à son sujet.
Reuters: Dès l'instant où vous exigez du Tour de France qu'il engage les 18 équipes du Pro-Tour, vous maintenez pourtant une relation avec elle ?
Alain Rumpf: Nous demandons simplement que les plus grandes équipes du monde fassent la plus grande course du monde.
Reuters: Même la formation Astana qui a dû fuir le Tour 2007 après les deux contrôles positifs d'Alexandre Vinokourov ?
Alain Rumpf: Oui, même Astana. Nous imposons des conditions de travail à cette équipe dont les dirigeants ont changé et à ce jour les conditions sont respectées.
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