19 janvier 2008
Les Australiens aiment le cyclisme et le Tour Down Under, qui pour la première fois est répertorié dans l'UCI Pro-Tour.
Gilles Le Roc'h
Cela leur donne l'occasion de vibrer et de vivre dans l'allégresse les jours qui précédent le départ de la première étape, mardi. Même si l'affiche est peut-être un peu mensongère.
Une campagne de marketing impressionnante a cours dans cet état de South Australia, plus encore dans les rues d'Adelaïde où tramways, taxis vantent les vertus de cette course par étapes qui n'est plus seulement une course de préparation et puisque l'UCI n'a cessé de répéter que cette compétition réunit les meilleurs coureurs du monde dans les courses les plus importantes.
Mike Turtur, l'ancien champion olympique de Los Angeles, devenu organisateur du Tour Down Under ne boude pas son plaisir.
"Quand les dirigeants de l'UCI m'ont appelé, l'été dernier, pour m'annoncer que le Tour Down Under était retenu dans le Pro-Tour, j'ai dû me pincer pour y croire. C'est un rêve qui se concrétise."
Le rêve d'un homme, fou de vélo, qui a construit de ses mains une course qui fait l'unanimité quant à la qualité de l'organisation.
Le rêve d'une ville foudroyée il y a dix ans quand le Grand Prix de Formule 1 a migré à Melbourne mais faisant le pari de continuer à faire parler d'elle grâce au cyclisme.
Enfin le rêve d'un Etat qui par la voix de sa ministre du tourisme Jane Lomax-Smith, veut croire que le cyclisme fera connaître "le paysage magnifique du sud Australien, son vin et son exceptionnelle tradition culinaire".
« Au soleil »
Inventé en 1999, le Tour Down Under ne pouvait donc envisager un scénario aussi brillant pour fêter sa dixième édition. Il y a bien les dix-huit équipes du Pro-Tour, plus de 130 coureurs et les Australiens, le local Stuart O'Grady ou encore Robbie McEwen, remontés comme jamais.
Pas de doute, sans la guerre ayant opposé l'UCI aux organisateurs des trois Grands Tours, jamais l'épreuve australienne n'aurait acquis ce statut et il est même étonnant de voire s'installer aussi vite dans l'année une compétition de ce niveau quand la priorité est donnée au confort des coureurs et à la lutte contre le dopage.
"C'est vraiment tôt dans l'année, assure Jérôme Pineau, et je ne sais pas si c'est une bonne idée mais en même temps, venir ici, au soleil et bénéficier d'un accueil d'une telle qualité, c'est très agréable. C'était déjà le cas avant que ça ne devienne une course du Pro-Tour."
Les équipes sont donc bien présentes mais pour trouver une tête d'affiche qui ne soit australienne, il n'est pas nécessaire de compter les doigts de ses deux mains.
Le Belge Philippe Gilbert (vainqueur du Het Volk 2006), les Espagnols Luis Sanchez (victorieux de l'épreuve en 2005), Igor Astarloa (champion du monde 2003) et Amets Txurruka (le plus combatif du Tour de France 2007), l'Allemand Marcus Burghardt (lauréat de Gand-Wevelgem 2007) et le Français David Moncoutié qui essaie en Australie de relancer sa carrière fortement endommagée par deux blessures très graves en 2006 et en 2007, sont présents.
Il faut également noter la présence massive de sprinteurs qui savent pouvoir tirer partie d'une course bloquée.
Pourtant, l'UCI persiste à dire que sa compétition réunit les meilleurs coureurs dans les plus grandes courses. Le Tour Down Under méritait sans doute bien mieux. Les milliers de spectateurs qui assisteront dimanche soir au critérium inaugural ne s'en offusqueront certainement pas.
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