29 janvier 2008
Le vélo va débouler en force. Volontairement et massivement pour mieux frapper les esprits. Mais avant que le deux-roues parte à la conquête du bitume, il fallait aplanir le terrain financier. Pas de la tarte !
Jacques Paturet
En libre-service et disponible à très grande échelle, s'imposant comme un complément aux bus et à la voiture, selon les propos de l'échevin François Bausch, le vélo s'apprête à partir à la conquête des pavés et du bitume de la capitale.
S'inspirant des exemples de Paris, Lyon et, plus particulièrement, de Besançon dont les dimensions correspondent davantage à Luxembourg-Ville, la capitale a établi son cahier des charges.
Sur six prétendants au titre du deux-roues en Ville, deux sont restés en course et Decaux a décroché le marché.
Celui-ci s'engage a fournir 250 vélos qui seront accessibles dans 25 stations réparties à travers la ville. L'utilisation de ces vélos sera gratuite pendant une demi-heure.
Il faudra ensuite débourser un euro pour avoir le droit de pédaler pendant une heure, l'utilisation par jour coûtera 5 euros et un abonnement de 15 euros a été prévu pour les inconditionnels. L'entretien des deux-roues sera également assuré par Decaux. Tout le dossier deux-roues devrait être davantage commenté ce mercredi matin, dans la cadre du city breakfast mensuel.
« Les Verts inventent la pollution visuelle »
Pour bénéficier de cette flotte de deux-roues, la Ville devrait acquitter une redevance annuelle de 1,5 million. Elle ne la paiera pas puisqu'en contrepartie, elle met à la disposition de Decaux 80 emplacements de 2 m2 chacun. Les conseillers étaient par conséquents invités à approuver cette nouvelle destination de ce qui appartient à l'espace public.
Laurent Mosar a annoncé d'emblée que sa fraction s'abstiendrait. Il trouve le concept du vélo sympathique, selon ses propres paroles, mais n'est pas d'accord avec la procédure de soumission restreinte avec présélection. Il déplore encore l'invasion de panneaux publicitaires et la considère comme une pollution visuelle.
Du côté des socialistes, Ben Fayot se montre aussi très circonspect. Il joue l'ironie en affirmant : « Je suis un petit conseiller et j'ai eu droit à un petit dossier ». Mais celui-ci est tellement mince qu'il n'y a pas le moindre détail concernant le montage financier et la gestion du futur parc de deux-roues. À l'en croire, on nage en pleine opacité.
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