2008


En 2006, Laurie-Anne Dupont-Renaud a remporté le prix d’athlète espoir
lors du gala de la Fédération québécoise des sports cyclistes.

La cycliste Laurie-Anne Dupont-Renaud roule sur l’or

Si ça continue, le cou de la cycliste Laurie-Anne Dupont-Renaud sera aussi musclé que ses cuisses… à force de supporter le poids des médailles.

Yannick Pinel

L’an dernier, Laurie-Anne Dupont-Renaud a connu une saison quasiment parfaite. Elle a tout raflé. Sa performance aux Championnats canadiens en dit long sur son talent : une médaille d’or en poursuite (2 kilomètres) et des médailles d’argent au sprint (200 mètres), au contre-la-montre (500 mètres) et à la course aux points. Cette année, celle qui l’avait devancée dans ces trois disciplines, l’Albertaine Monique Sullivan évoluera chez les seniors. La cycliste rosemontoise sera donc gonflée à bloc : « Je veux remporter cinq médailles d’or. »

La jeune fille de 17 ans est aussi la championne des Mardis cyclistes de Lachine, catégorie 15 à 20 ans. Seule ombre au tableau doré et argenté qu’elle a peint l’an passé, un insuccès qui l’a empêchée de participer aux Championnats mondiaux. « J’ai manqué le standard de sept dixièmes de seconde », admet candidement l’athlète.

Cette année, ce sera bien différent par contre : « J’ai confiance de me qualifier pour les mondiaux qui auront lieu en Afrique du Sud. L’an passé, j’étais surtout entraînée pour la route. Cette année, avec mon nouvel entraîneur Éric Van Den Eynde, on se concentrera surtout sur la piste. » Voilà qui explique la décision de Laurie-Anne d’aller étudier à l’école secondaire Massey-Vanier, à Cowansville. Le programme sport-études lui permet de profiter d’une piste de qualité à la hauteur de ses ambitions. À Montréal, il n’y a aucune piste qui vaille. Impossible de s’entraîner convenablement donc. Celle qui fait partie de l’équipe Saputo revient tout de même à Montréal les fins de semaine et loge chez ses parents à Rosemont.

Laurie-Anne n’hésite pas à se mettre de la pression sur les épaules. Cette saison, elle veut remporter toutes les courses auxquelles elle prendra part, c’est aussi simple que ça. À l’écouter parler, on a l’impression qu’une médaille d’argent équivaut à un échec. Son premier vrai test aura lieu le 10 mai, lors des sélections pour Équipe-Québec : « C’est là que la saison commence. »

À long terme, la cycliste rêve de faire carrière aux États-Unis. Elle rêve aussi aux Jeux olympiques de 2016, année où elle aura atteint son apogée : « J’aurai 25 ans et je serai au sommet de mon art ». Car oui, pour elle, le vélo est un art. « Et c’est dommage que les histoires de dopage salissent ce beau sport. Depuis l’affaire Jeanson, on ne trouve presque plus de commanditaires. C’est dommage, très dommage ! »

Mais des regrets, la cycliste n’en a aucun : « J’ai commencé le cyclisme à l’âge de 10 ans après avoir tenté ma chance en patinage de vitesse et en athlétisme. Mon regard s’est arrêté sur ce sport merveilleux grâce à mon père (Normand Renaud), qui faisait plusieurs courses provinciales. Pour pratiquer ce sport, il faut beaucoup de détermination, de volonté et de discipline. C’est entre autres pour ces raisons que j’ai décidé de me consacrer à ce sport qui, je le sais, me fera rire, souffrir, gagner, perdre, mais surtout va m’apprendre comment fonctionne la vie. Ce sport va m’apprendre à encaisser les défaites comme les victoires. »


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