26 janvier 2008

La Pédale douce : vivre et penser autrement…
Daniel Deslauriers
Robert Silverman ne conduit plus de voiture depuis plus de 40 ans.
Visionnaire ou marginal ? Cet homme à l’allure modeste est convaincu qu’il y a de meilleures alternatives à l’automobile. C’est d’ailleurs ce qui l’a incité à fonder, il y a quelques années, le Monde à Bicyclette à Montréal.
Ses convictions « cyclo-écologistes», il les défend avec cœur. À Val-David, il a rejoint une poignée de citoyens qui partagent les mêmes convictions que lui. Ensemble, ils ont fondé un collectif (qui deviendra possiblement une coopérative) sous le nom de « La Pédale douce ».
Ils se réunissent, une fois par semaine, pour travailler sur leur projet qui englobe les transports, mais aussi l’agriculture, le logement et la démocratie. Ce qu’ils proposent, rien de moins, c’est un retour aux valeurs collectivistes au détriment de l’individualisme.
« Bientôt, nous n’aurons plus le choix », de commenter Claude Mainville, un ingénieur de formation qui a laissé de côté, lui aussi, l’automobile pour privilégier le transport en commun et le vélo. « Les réserves mondiales de pétrole baissent rapidement, la planète suffoque et tous ces changements climatiques sont là pour nous le rappeler. »
« Nous sommes trop complaisants dans notre petit confort », ajoute le peintre Guy Montpetit. « Il faut secouer la conscience collective et l’éveiller à de nouvelles habitudes de vie. » Ce ne sont pas les projets qui manquent. Le Collectif propose notamment d’aménager un stationnement incitatif, à l’entrée de Val-David. De là, les visiteurs pourront enfourcher un vélo et se rendre au village. Le Collectif travaille aussi sur un projet d’autobus à pédales et propose d’implanter une navette électrique, entre Val-David et Saint-Jérôme, pour rejoindre le train de banlieue. Pour ceux qui choisiront d’utiliser leur voiture, on propose de réduire la vitesse maximale à 30 km/h dans les rues.
Le Collectif regroupe aujourd’hui plus de 60 membres. On espère, bien sûr, que l’idée va faire boule de neige. « Nous avons toutes les compétences pour réussir », de dire M. Mainville. On a commencé aussi à tourner un film sur l’évolution de ce grand projet. Concrètement, le Collectif a déjà quelques maquettes. Des sous-comités ont été mis sur pied pour travailler sur divers projets connexes comme l’implantation de jardins communautaires par exemple.
« On ne pourra pas réussir ce beau défi sans l’appui des autorités et de la communauté », précise M. Mainville. Mais, au-delà des impacts environnementaux, il y a tout cet aspect touristique à exploiter. Val-David deviendrait en quelque sorte un vaste jardin expérimental et un énorme centre d’attraction. « Pourquoi ne pas offrir, dans un même souffle, des forfaits autobus/souper ? Il n’y a pas de limites à l’imagination », de dire M. Montpetit. Un rêve en 3D ? À tous ses détracteurs, Claude Mainville répond : « Ça commence toujours par un rêve… »
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