Note du webmestre :
Josée Robitaille, directrice de l'équipe Volkswagen, nous a fait parvenir ce qui suit.

Être plus fort que son sport

J’avoue que j’apprécie toujours la période de l’automne. Même si cette étape marque la fin de la saison cycliste au Québec, il y a toujours pas mal d’action. La création de nouvelles équipes, la fermeture de certaines, les coureurs qui prennent leur retraite, ceux qui changent d’équipe, c’est la période « vélo vedettes ».

Mais depuis une semaine environ la grosse nouvelle c’est la possible création d’un vélodrome intérieur en Beauce. C’est un projet ambitieux certes, les gens du milieu le qualifient de projet de rêveurs qui n’a aucune chance de voir le jour, que la viabilité d’une piste en Beauce est nulle, etc…

Peut-être que ce projet ne verra jamais le jour ou peut-être est-il voué à l’échec mais ce qui m’impressionne le plus dans tout ça, c’est que les plus grands dénigreurs de ce projet, les « non rêveurs », ce sont des gens directement impliqué dans le cyclisme, des cyclistes eux-mêmes, des webmasters, des dirigeants d’équipe, des organisateurs de course, en fait « toute une gang d’artisans du cyclisme québécois ».

Je ne comprends pas !

Je ne dis pas que tout le monde à tort. Cependant, comment voulez-vous que des projets du genre puissent voir le jour lorsque les gens du milieu n’y croient pas ?

Pourquoi justement ne pas laisser aux autres, c'est-à-dire les gens qui ne sont pas du milieu (les outsiders) dénigrer eux-mêmes ce projet ?

Pourquoi ne pas se montrer solidaires des « visionnaires » du cyclisme et ainsi mettre carrément « l’épaule à la roue » ? Avoir comme mission de créer un certain engouement, une certaine croyance, en fait un peu d’espoir, pourquoi avoir peur de rêver ?

Qu’est ce que vous avez à perdre à croire à la réalisation d’un projet du genre ?

De quoi avez-vous peur ? Qu’est ce qui vous menace là-dedans ?

Selon moi, opinion bien personnelle (que je partage tout de même avec vous), ce n’est pas possible qu’un projet du genre puisse voir le jour si nous (les insiders) on n'y croit pas. Comment voulez vous que Monsieur/Madame tout le monde y croit ?

Au lieu d’écrire toutes les raisons pour lesquelles ce projet ne pourrait pas fonctionner, ne serait-il pas plus productif de prendre le temps de taper quelques lignes pour dresser la liste de tout le positif qu’une piste intérieure pourrait apporter au cyclisme québécois ?

Que ce soit en Beauce ou ailleurs, et même si plusieurs considèrent que la Beauce est une région éloignée, c’est toujours quand même pas mal moins loin que l’Australie, Vancouver, etc… où se trouvent des vélodromes couverts et où nos pistards québécois devront s’exiler s’ils veulent continuer de performer sur la scène internationale, non ?

Bien entendu, la création d’un vélodrome doit pouvoir aussi attirer une nouvelle clientèle, mais pour que ce soit attirant il faut avoir des athlètes, des champions, pour en faire la promotion. Il nous faut des Kovalev de la piste, pour attirer de nouveaux jeunes talents.

Si nos vedettes doivent s’exiler ailleurs pour s’entraîner, ils ne sont pas accessibles, du même coup ils ne peuvent contribuer au développement. Donc, idéalement il faut les garder le plus près possible de la « maison » et créer des évènements, des shows pour faire connaître la piste et la faire découvrir comme étant un sport/spectacle.

Il y a deux semaines, suite à la fermeture de l'équipe cycliste EVA senior, Alexandre Lavallée souhaitait pour le bien-être du cyclisme québécois voir d’autres rêveurs s’impliquer au sein de notre sport. Je suis d’accord avec lui.

La saison 2009 marquera ma 26e année comme manager d’une équipe cycliste, ce sera notre 9e saison à porter les couleurs de notre commanditaire principal Volkswagen. Lorsque nous avons présenté notre plan de commandite à Palm, l’agence de Volkswagen, il y a dix ans, nous n’étions pas des rêveurs, nous avions un plan d’affaires solide et c’est la confiance de Volkswagen envers notre organisation qui nous à permis par la suite de développer et, conjointement avec VW, de faire rêver plus d’une trentaine de cyclistes québécois.

Il faut selon moi saluer les efforts des gens qui croient en notre sport. La moindre des choses que nous pouvons faire c’est de leur donner notre appui.

Les gens qui présentent le projet de la piste en Beauce ne rêvent pas, ils ont un plan, si ce projet aboutit ce sont les cyclistes québécois qui en seront les premiers privilégiés et à partir de ce moment certains d’entre eux pourront rêver.

Arrêtons d’avoir peur, il arrive que les rêves deviennent réalité. Parlez-en à Jean Lessard et la création de son étape du Mont Mégantic au GP de Beauce, à Léandre Normand et son Tour de l’Abitibi, à Tino Rossi et ses virages « relevés » en plein quartier résidentiel de Lachine, à Richard Michaud le principal artisan de la première piste à Bromont, à Charles Dionne qui a battu Lance Armstrong en signant la plus grosse victoire de sa carrière à San Francisco, à Martin Gilbert qui s’est retrouvé à Pékin cet été.

Des rêveurs ??? Si c’est le cas, c’est dans leur gang que je veux être !


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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