
Ma chronique sur Geneviève Jeanson et Lyne Bessette a suscité de vives réactions chez plusieurs lecteurs. La quasi-totalité des courriels que j'ai reçus sont critiques envers Bessette. «Mesquine», «aigrie», «pas de classe» : Bessette, qui n'a pas digéré que Jeanson s'enrichisse sur son dos et celui des autres cyclistes en se dopant pendant toute sa carrière, ne semble décidément pas trouver grâce à vos yeux.
Permettez que je le redise : Bessette a tous les droits d'être furieuse, même après toutes ces années. Elle s'est fait voler par Jeanson. Il n'y a pas d'autre mot pour décrire la réalité.
Certains vont jusqu'à insinuer que Bessette n'est pas blanche comme neige, qu'elle s'est sûrement dopée elle aussi. Je sais qu'on ne peut jurer de rien dans le sport, mais permettez que je rappelle quelques faits. Bessette n'a jamais été interdite de compétition parce que son hématocrite était trop élevé, comme c'est arrivé à Jeanson à Hamilton, en 2003. Elle n'a jamais omis de se présenter à un test antidopage, comme Jeanson l'a fait à la Flèche wallonne en 2004. Elle n'a jamais échoué de test antidopage, contrairement à Jeanson (Tour de Toona, 2005). Ses performances étaient constantes. Elle ne se retirait pas d'épreuves à la dernière minute pour des raisons nébuleuses. Elle n'était pas isolée comme l'était Jeanson. Et si une cycliste québécoise avait les moyens de se payer un programme de dopage élaboré, c'était Jeanson. Pas Bessette.
Une dernière chose. Je croirai vraiment au repentir de Jeanson le jour où j'apprendrai qu'elle a décidé de verser une partie de ses gains frauduleusement acquis à la Fédération québécoise des sports cyclistes ou à une oeuvre charitable. D'ici là...
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