30 octobre 2008
Un détail m'avait agacé dans l'étrange relation qu'entretenaient Geneviève Jeanson et André Aubut.
Ça se passait après une course disputée sur le mont Royal. Les médias talonnaient Jeanson, certains pour une entrevue de groupe, d'autres pour des entretiens individuels.
Aubut, un entraîneur doublé d'un chien de garde mal élevé, l'avait gardée énergiquement à l'écart. Impossible de l'approcher. Comme si le gourou avait craint qu'elle échappe quelque chose de compromettant, pour elle ou pour lui.
Ce qui avait fait dire un jour à l'excellent entraîneur cycliste Éric Van Den Eynde que Jeanson était l'une des athlètes de son milieu qu'il avait le moins connues parce qu'Aubut la cachait toujours.
La cacher pourquoi ? Craignait-il que le chat sorte du sac ?
Si Jeanson a toute une vie de mensonges derrière elle, celle d'Aubut est chargée de secrets, tant professionnels que sexuels. Dans les deux cas, son passé semble extrêmement lourd.
Le couple maudit renaîtra à la suite de la publication d'un livre L'Affaire Jeanson : l'engrenage.
Tout le monde a ses torts. À la base, les parents de l'athlète n'ont rien fait pour la soustraire aux tentacules du système. Ils lui ont imposé une pression alors qu'elle était très jeune, ce qui a probablement incité leur fille à ne reculer devant rien, quelques années plus tard, pour atteindre l'excellence qu'on exigeait d'elle.
Aubut, le tortionnaire, a satisfait ses bas instincts pendant que les parents détournaient la tête. Comment ont-ils pu laisser leur fille de 15 ans voyager avec un adulte qui en avait presque 40 et partager sa chambre ? Tout ce monde-là semblait tristement de connivence.
Jeanson reproche à son père de ne pas l'avoir sauvée quand elle s'enlisait dans la consommation de produits dopants, ce qu'il savait depuis le début, nous dit-on.
Une enfant de 15 ans qui se fait embrasser, tripoter et agresser sexuellement dans une chambre d'hôtel est souvent marquée pour la vie. Certaines vont se sauver en pleurant. D'autres choisissent de rester. Elle est restée.
Elle l'a fait parce qu'elle voulait atteindre le sommet, là où Aubut avait promis de l'amener. Elle est restée en faisant passer sa soif de gloire avant son estime de soi.
Jeanson ne peut pas accuser de tous les maux ceux qui ont gravité autour d'elle sans se regarder dans le miroir. Sans se regarder très attentivement.
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