20 août 2007

Beaucoup de plat et quelques côtes

Dimanche j’ai participé à la plus vieille classique en Amérique du Nord, la Classique Louis Garneau Montréal-Québec. Le trajet était bien simple ; nous avons roulé pendant environ 250km sur la 138 entre Québec et Montréal. Les 200 premiers kilomètres sont relativement plats, tandis que les 50 autres comportent quelques ascensions. À 5km de l’arrivée se dresse la côte Gagnon, une courte montée abrupte d’environ 200m avec une inclinaison de 15%, qui est suivie par un long et difficile faux-plat.

Les premiers 20 kilomètres étaient contrôlés, comme nous roulions dans les rues de l’île de Montréal. Dès que le départ réel a été donné, plusieurs coureurs ont essayé de s’insérer dans l’échappée du début. Je me suis assuré de suivre les coups importants avec l’aide de mes coéquipiers. Au 15e kilomètres, un groupe d’une quinzaine de coureurs s’est formé avec entre autres mon équipier Tim Henry. Seule l’équipe ontarienne Jet Fuel n’était pas présente et ils se sont chargé de ramener le peloton tranquillement. Pendant ce temps, j’ai été victime d’une crevaison. Après un changement de roue rapide, j’ai rattrapé le peloton. Je suis retourné tranquillement à l’avant et quelques minutes plus tard, les coureurs de l’échappée étaient rejoints.

Les attaques ont alors repris de plus belle. J’ai finalement été capable de me faufiler dans la bonne échappée : un groupe de 19 coureurs, après environ 50km de parcourus. La majorité des grosses équipes avaient 2 coureurs à l’avant, ce qui a ajouté aux chances de se rendre à Québec avec ce groupe. La cohésion au sein du peloton, à savoir que tous prennent leurs relais, s’est bien faite pour un si gros groupe en échappée. Nous avons roulé ensemble sur une distance d’environ 150km, tous attendant les différentes montées de la fin avant de se démarquer du groupe. Il y avait un sprint de 500$ à Trois-Rivières, mais j’ai préféré ne pas le disputer de peur de manquer d’énergie à la fin.

En arrivant à Deschambault, c’est là que débute la section des «bosses». Quelques coureurs ont tenté de s’échapper, mais l’attaque la plus dangereuse a été lancée par Greig Reain, de Calyon Litespeed, entre Cap-Santé et Donacona. Tout le monde l’a laissé partir et, pendant quelques kilomètres, avec plus de 20 secondes d’écart, j’ai vraiment craint qu’il soit capable de se rendre seul à l’arrivée. Par la suite, Éric Boily, d’EVA Devinci, a porté une solide attaque (il a mis une solide mine) au groupe et personne n’a pu répondre. Si les deux coureurs se rejoignaient, cela pouvait être encore plus dangereux, je devais donc réagir. J’ai essayé de partir quelques fois seul, ce qui n’était pas facile en étant un coureur surveillé par les équipes, mais c’est en suivant Nick Rowe, de Volkswagen-Trek, que j’ai été capable de me sortir du groupe d’échappée. Alexandre Nadeau, de Sleeman Clear, m’a suivi et à trois nous avons roulé vite pour rattraper les deux coureurs à l’avant. Pendant ce temps, Mathieu Toulouse d’EVA Devinci, qui venait juste de manquer la remontée de notre petit groupe, a fait la difficile jonction avec nous en roulant seul dans le vent. Il a vraiment travaillé très fort.

Nous avons tous roulé ensemble jusqu’à la côte Gagnon. Dans la première partie de la «bosse», nous avons monté à un bon rythme, mais sans trop d’efforts. À mi-côte, Mathieu Toulouse a attaqué et j’ai bien répondu à son accélération. Au sommet, nous n’étions plus que 3 : Toulouse, Nadeau et moi. Les autres coureurs qui étaient avec nous au pied de la «bosse» n’étaient plus une menace pour le final, mais il fallait quand même conserver un bon rythme jusqu’à la ligne d’arrivée.

Le sort de la course a été réglé au sprint dans les derniers 200m de l’épreuve. Toulouse a été le premier à attaquer avec 200m à franchir. Je suis revenu sur lui tranquillement pour que je puisse prendre son élan pour sprinter. Quand je l’ai dépassé avec 50m à faire, j’ai voulu lancer mon sprint, mais j’ai été victime de très grosses crampes, dont s’est rendu compte Alexandre Nadeau. Je n’ai vraiment pas été capable de fournir l’effort ultime pour gagner la course. C’est comme si je « piochais » sur mes pédales au lieu de pédaler. Alexandre Nadeau a su prendre ma roue et me dépasser à la ligne d’arrivée. Toulouse termine juste derrière moi.

Je suis content de l’ensemble de la course. J’ai été capable de me retrouver dans les bonnes échappées et d’être dans le bon coup à la fin. Évidemment, je suis très déçu de ne pas avoir été capable de gagner la course qui était à ma portée. Quoiqu’à 19 ans j’aurai la chance de revenir plusieurs fois. J’étais aussi bien content de voir que plusieurs personnes s’étaient déplacées pour venir assister au final de l’épreuve. C’est très motivant et encourageant de voir autant de monde se déplacer à l’extérieur de Québec pour venir nous voir.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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