27 août 2007

Paracyclisme – Championnats du monde

Chaud à en faire cuire un œuf sur la chaussée pardi !

Montréal, 27 août 2007 – Pierre-Olivier Boily a complété la course sur route en tandem des Championnats du monde de paracyclisme présentés à Bordeaux, en France, avec une moitié de guidon, ce qui ne l’a pas empêché de terminer quatrième avec son coéquipier Stéphane Côté lundi.

Les Polonais Krzysztof Kosikowski et Artur Korc ont été couronnés champions de vélo tandem après avoir parcouru les 108,9 kilomètres en 2 heures, 35 minutes et 59 secondes. Vice-champions l’année dernière, les Québécois ont conclu l’épreuve à 4 minutes et 31 secondes des gagnants.

« Il a fait vraiment chaud, a mentionné Côté au sujet de la température avoisinant les 40 degrés Celsius. Dans toute ma carrière, ç’a été l’une des courses les plus difficiles. J’ai eu des crampes aux cuisses, aux mollets et aux genoux. C’était fou. Le dernier sept kilomètres, quand nous sommes partis en échappée, je l’ai fait sur l’orgueil. »

« Dans une course sur route, il y a plus de facteurs qui influent sur le résultat. Nous ne pouvons pas être déçus. Nous avons seulement manqué la bonne échappée », a rajouté l’athlète de Québec au sujet de l’attaque effectuée à la mi-course par les trois tandems éventuellement sur le podium.

Selon Boily, de Bromont, ces trois tandems victorieux ont su gérer les imprévus et distancer le peloton au moment opportun. « Ils ont facilement distancé le peloton à la mi-course en raison des conditions climatiques notamment. En plus, les routes n’étaient pas très larges. Nous avons vu que le peloton était assez fatigué parce que ça ne travaillait pas beaucoup pour rattraper les meneurs. »

Un tour après l’attaque de la mi-course, la course du tandem québécois s’est transformée en parcours du combattant lorsque le guidon de Boily s’est brisé. « Nous avons attaqué, mais nous avons dérapé et foncé dans un autre vélo, a expliqué le Bromontois. J’ai alors brisé mon guidon en deux. Nous avons pensé abandonner, mais comme nous étions seulement une vingtaine de secondes derrière le peloton, nous avons continué. D’un côté, je pouvais prendre mon guidon, de l’autre côté le guidon était cassé. J’avais donc un bras sur la potence. Nous ne pouvions pas nous permettre de finir ça au sprint parce nous ne pouvions pas nous lever sur nos vélos alors nous avons augmenté la cadence à environ sept kilomètres de l’arrivée et personne ne nous a suivis. »

Côté et Boily ont réussi à distancer le peloton au dernier tour avec sept kilomètres à faire de cette course comptant au total 11 tours de 9,9 kilomètres. « Nous sommes très contents malgré tout, a conclu Boily. Ce fut une bonne performance. Nous ne pouvons demander mieux que ça. »

Quant aux Québécois Daniel Chalifour et Alexandre Cloutier, ils n’ont pas été en mesure de compléter la course, tout comme Gene Della Siega et Craig Deveer, de la Colombie-Britannique.

« À partir peut-être de la mi-course, a partagé Cloutier, Daniel a commencé à avoir des crampes. Nous avons essayé de rester tranquilles dans le peloton pour tenter de finir la course. Mais, à un tour de la fin, il a eu de fortes crampes à plusieurs endroits. Il a donc fallu débarquer du vélo. C’est une déception, mais il faut dire que c’était la première vraie longue course à ce niveau. C’est pour nous une expérience importante. »

L’entraîneur national Vincent Jourdain a salué l’effort de Côté et Boily. « Dans les circonstances, leur performance est excellente. C’est même un miracle parce que ça aurait été très facile pour eux d’abandonner. »

« Pour ce qui est de Della Siega et Deveer, je pense qu’ils n’étaient pas dans une grande journée, a-t-il rajouté. Aujourd’hui, il a fait presque 40 degrés Celsius. La chaleur a donc été un facteur. Les coureurs tombaient comme des mouches. Dans le cas de Daniel et Alexandre, ce fut un peu ça aussi. Daniel a moins d’expérience. Il est nouveau sur le circuit. Les crampes, ce sont des choses qui arrivent. »

À l’épreuve de CP3 sur route, totalisant 59,4 km, les Canadiens Jean Quévillon et Brayden McDougall ont pris le neuvième et dixième rang. C’est l’Espagnol Maurice Eckhard qui a remporté les honneurs en 1 heure 39 minutes et 24 secondes.

« Jean n’a pas bu du tout, a poursuivi Jourdain. À cause de son handicap, il ne peut pas prendre de bouteille pendant la course. Il avait un camelback (sac à dos), mais il a oublié de boire. Le médecin de l’équipe s’est occupé de lui pendant une heure après la course pour un coup de chaleur. Dans les circonstances, c’est quasiment un miracle ce qu’il a fait aujourd’hui. »

Notons également le record personnel du Québécois Mark Beggs à la course HC catégorie B de 49,5 km. « C’est son meilleur résultat dans une course sur route aux Championnats du monde, a noté l’entraîneur. Il est resté en contact avec le peloton jusqu’à la fin. Il a le physique et la forme pour être avec les meilleurs. Ce qui lui manque, c’est seulement de prendre un peu plus d’expérience pour pouvoir mieux jouer ses cartes vers la fin de la course. »

« Je suis satisfait dans l’ensemble, mais je vois qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, s’est prononcé Jourdain sur l’ensemble des Championnats du monde. Ce qui est encourageant, c’est qu’il y a encore des possibilités d’amélioration dans plusieurs cas. »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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