Parcours de rêve : la Virginie

Tout cycliste qui se respecte a eu l'occasion de parcourir de nombreuses routes. Certaines laissent un souvenir plus durable dans les mémoires. Pour plusieurs cyclistes de l'est du Canada les routes de l'état de Virginie aux Etats-Unis font partie de ces circuits de rêve. Louis Bertrand, journaliste bien connu et cycliste aguerri, relate pour nous ses journées en Virginie avec les gens du Groupe Centrifuge qui organisent chaque printemps leurs célèbres «camps d'entraînement»

"C'est une semaine dont je ne me priverais pour rien au monde et plusieurs de mes amis y tiennent autant que moi. Le camp printanier du groupe Centrifuge en Virginie est incontournable. Avec Marc Dufour, Émilie Roy et les autres guides, c'est une semaine qui laisse des souvenirs chers au coeur du cyclosportif. En pleine déprime hivernale, j'appelle mes chums pour en discuter, à Québec, à Charlevoix ou juste ici dans le Plateau, à trois coins de rue. Quand part-on ? Avec qui descends-tu ? Pourquoi n'irait-on pas pour deux semaines cette année ? Tu crois qu'on aura un printemps hâtif, qu'on pourra suffisamment rouler ici avant de partir ?

Mon Gallium S-3 et moi échangeons un regard complice, lui aussi s'éclate dans la paisible campagne virginienne. Il sait ce qui l'attend et piaffe d'impatience. Il effectue la plus grande partie de son kilométrage sur les routes défoncées du Québec, aussi la perspective de ces sorties en douceur aux States l'enchante-t-il. OK, ma blonde me confirme que les états d'âme attribués à ma splendide monture en carbone sont le fruit de mon imagination. Je devrais songer à consulter un psy, semble-t-il. En fait, le seul traitement qui me convienne est une sortie de 120 bornes dans la région de Newcastle, le nouveau site déniché par Marc l'automne passé.

Y'a pas que le soleil, les routes pratiquement désertes, les petits murs à grimper, la communion avec la nature, le bonheur de côtoyer certains des meilleurs coureurs canadiens, la pause-sandwich . Outre ces éléments auxquels les cyclos sont accros, il y a aussi les récompenses qui viennent ensuite. Le massage d'Émilie qui permet de repartir fort le lendemain, la bière avant le repas, la récapitulation quotidienne à table et enfin, les éliminatoires de hockey de la LNH dans un bar où la gang du Québec est seule à s'intéresser à l'écran télé. Les journées passe trop vite au camp Centrifuge.

Quand je rentre au Québec, j'ai les jambes que je mérite et ma foi, elles tournent assez efficacement. Merci Marcus ! D'autres belles journées s'annoncent déjà puisque mon vieux pote Dufour, sa belle Émilie et moi retournerons sur le Blue Ridge Parkway à la mi-septembre, pour la cinquième fois en six ans. Le groupe qui nous y avons emmené en 2006 en est revenu enchanté. Jusqu'à ma mort, je franchirai les 800 kilomètres du Parkway à chaque année avec le même enthousiasme. C'est une route dite panoramique, personnellement je la dirais magique.

Et puis, en janvier 2008 je prévois ajouter la Floride à mon répertoire américain. Les deux semaines que je viens de passer à Tallahassee m'ont confirmé que le psy pouvait attendre, tant que je pourrai rouler en hiver. J'aurai l'occasion de vous en reparler, il n'en coûtera pas cher à ceux qui voudront m'accompagner là-bas".

Louis Bertrand
groupecentrifuge.com
groupecentrifuge@hotmail.com


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