19 octobre 2007

La sagesse de Keven Lacombe

En remportant une victoire d'étape au récent Tour de Chihuahua présenté la semaine dernière au Mexique, Keven Lacombe mérite le titre d'athlète de la semaine Sympatico/MSN.

Mathieu Laberge
Sportcom

Originaire d'Amos, en Abitibi, on pourrait presque faire un parallèle entre l'athlète de 22 ans et un des personnages de la chanson « La bitte à Tibi » de Raoul Dugay : les deux ont « des bras durs comme de la roche » et « des cuisses comme des troncs d'arbres ». Là s'arrête la comparaison, car le cycliste n'est pas du genre à avoir du « front tout le tour de la tête ». En fait, le jeune homme est plutôt posé et fait preuve d'une grande maturité pour quelqu'un de son âge.

Le hockey ou le vélo ?
En plus d'exceller en cyclisme sur route et piste, Keven Lacombe a également été doué pour le hockey. En 2002-2003, il a joué pour les Voltigeurs de Drummondville dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Déjà cycliste durant la saison estivale, il a dû faire un choix entre les deux sports.

« J'avais de belles occasions pour mon avenir en vélo et pas autant en hockey. J'aimais les deux sports, mais le vélo était un sport un peu plus individuel que le hockey, ce qui me plaisait un peu plus. Par contre, le vélo est aussi un sport d'équipe, car sans mes coéquipiers, je n'aurais pas pu gagner une étape au Tour de Chihuahua. »

L'athlète a accroché ses patins sauf pour quelques matchs dans la ligue récréative de l'Université Laval, où il étudie en en administration des affaires. « L'ambiance était un peu trop compétitive pour moi, alors j'ai arrêté. J'ai déjà fait de la compétition en hockey et ça ne me tentait pas de recommencer », explique l'ancien défenseur.

Le vélo et les études de front
Keven Lacombe a signé son premier contrat professionnel à la fin juillet lorsqu'il est allé rejoindre les Québécois Martin Gilbert et Dominique Perras au sein de la formation américaine Kelly Benefit Strategies / Medifast. Les succès avec ses nouveaux coéquipiers ne se sont pas fait attendre comme il l'indique.

« Nous ne sommes pas dans les plus grosses équipes aux États-Unis, mais il n'y en a pas une qui a fait des leadout (ndlr : préparation du sprint final d'un coéquipier) comme nous à 15 kilomètres de l'arrivée. Quand Martin (Gilbert) a gagné le Championnat national américain de critérium au mois d'août, sa victoire était aussi la mienne et celle de tous les gars de l'équipe. Et tout le monde en a tiré des bénéfices. »

Malgré de nouvelles contraintes sportives, le champion canadien junior au contre-la-montre en 2003 refuse de sacrifier ses études pour se consacrer uniquement à son sport.

« La structure du mon sport fait en sorte que les gens lâchent l'école, car ça demande beaucoup de temps, d'efforts et d'énergies. C'est vraiment difficile de concilier les deux », commente celui qui s'est pleinement remis d'une fracture à un fémur survenue au printemps 2006. « J'estime que je fais de gros efforts, mais à un moment donné, je ne peux pas rattraper tous mes cours perdus. À un moment, il faut se poser la question : c'est quoi mon objectif ? Tout laisser de côté pour devenir champion du monde ou m'éduquer tout en faisant du sport ? »

Le cycliste a choisi la deuxième option et il en profite au maximum.

« Je pense que les deux vont ensemble. Je pense à mon avenir et je ne veux pas être un athlète professionnel jusqu'à 40 ans », explique-t-il sur un ton posé. « Présentement, je trippe, mais si je dois couper deux ou trois heures d'entraînement par semaine pour les consacrer à mes études, ça vaut la peine. Le sport va me former et me permettre d'apprendre des choses qui me serviront plus tard sur le marché du travail. Les qualités qu'on va chercher dans le sport sont celles qui sont recherchées par les employeurs, que ce soit la discipline ou le travail d'équipe. »

Le fier Abitibien regrette de ne pas pouvoir retourner dans son coin de pays aussi souvent qu'il le voudrait, mais il y reste attaché, notamment en étant un ambassadeur du Tour de l'Abitibi, une importante compétition junior par étapes présentée dans cette région depuis 1969.

« Le Tour est une étape importante dans le développement des cyclistes juniors au pays. Ça les aide à se trouver une équipe, sans laquelle il est difficile de continuer. Le Tour permet aux athlètes d'ici de se comparer aux meilleurs au monde. Les organisateurs ont connu des problèmes il y a quelques années, mais là, ça va mieux. Il faut que cette compétition reste en Abitibi. »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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