22 septembre 2007

L'aveu de dopage de Geneviève Jeanson pendant autant d'années, lors du reportage à Radio-Canada jeudi, constitue une nouvelle de taille, même si plusieurs soupçons pesaient sur la cycliste et son entraîneur André Aubut.
Les problèmes de Jeanson ne sont cependant que la pointe de l'iceberg dans le monde du sport, dont celui du cyclisme avec la suspension de deux ans infligée la même journée à Floyd Landis, vainqueur du Tour de France de l'an dernier. Regardez seulement ce qui est arrivé au Tour de France cette année avec les congédiements de Michaël Rasmussen et Alexandre Vinoukorov.
Ce qu'il faut retenir à posteriori, c'est que le coup de filet de l'Union Cycliste Internationale aux Championnats mondiaux en octobre 2003 à Hamilton, a peut-être sauvé la vie de Jeanson. On n'a qu'à se souvenir de sa réaction apeurée pour sa santé à l'annonce de son taux élevé d'hématocrite.
Qui plus est, d'autres événements survenus avant 2003, laissent songeur. Elle a raté le Grand Prix féminin en 2000, ne l'a pas terminé en 2001 en raison semble-t-il d'une tendinite et n'a pas été en mesure de prendre part aux Jeux du Commonwealth en 2002 pour des raisons médicales. Tout cela en étant seulement au début de la vingtaine.
J'avais avancé en 2003 que Jeanson était à un point tournant de sa carrière et devait changer d'entourage. Ce commentaire m'avait valu ds lettres anonymes de bêtises... qui ont trouvé rapidement refuge dans le panier à rebuts.
Le débat avait vraiment dérapé lors de la querelle entre Jeanson et Lyne Bessette aux JO de 2000, avec le résultat que le cyclisme et les stratégies de courses étaient relégués à l'arrière-plan. La solution la plus facile quoi !
Dieu sait pourtant qu'il y a eu d'excellentes cyclistes des quatres coins de la planète qui ont démontré leur savoir-faire au Québec.
On est passé ainsi totalement à côté des performances de Nicole Cooke, double gagnante du circuit de la Coupe du Monde, pour ne donner qu'un exemple. Et aujourd'hui, faute de controverse facile, on se plaint qu'il n'y a pas de vedettes locales à la Coupe du Monde à Montréal et au Tour du Grand Montréal. Je vous la demande, elles sont où les vedettes locales avec le Canadien et on noircit pourtant beaucoup de papier sur ce club. Deux poids deux mesures, mets-en !
Mais au-delà de l'attitude de Jeanson, il y a celle de son entraîneur André Aubut qui l'a abandonnée à son sort trois fois plutôt qu'une, lors de conférences de presse touchant des soupçons de dopage.
Déjà qu'il n'avait pas impressionné personne avec sa stratégie de course au Grand Prix féminin en 2001, en rappelant Melissa Holt au peloton alors que la coéquipière de Jeanson avait saisi la bonne échappée.
Le comportement d'André Aubut, qui va de la violence verbale à l'abus physique avec le lancer du bidon sur l'athlète, incident survenu lors des championnats canadiens au Nouveau-Brunswick et le lancer de walkie-talkie décrit par Catherine Marsal, l'ex-collègue de Jeanson, est indigne d'un entraîneur.
Aubut a même tenté d'empêcher Mélanie Nadeau de participer au Grand-Prix féminin en 2001, après avoir mis à la porte Mélanie McQuaid en début de campagne, sans oublier les changements constants d'athlètes à chaque saison au sein de l'ancienne équipe Rona.
J'étais parmi les rares à remettre en question les tactiques d'Aubut, ce qui m'a valu d'être catalogué pro-Bessette, anti-Jeanson par des collègues montréalais. On parle de cyclisme là, pas de la troisième guerre mondiale.
Il y a plusieurs leçons à tirer de la mésaventure survenue à Jeanson.
Le débat ne fait que commencer au Québec et au Canada, près de vingt ans après l'affaire Ben Johnson. Tant que ça se passait aux États-Unis ou en Europe, ça ne dérangeait personne.
La situation vient de changer et pour le mieux, on doit l'espérer, afin que l'on sache faire les mises en contexte appropriées, avec toute la rigueur nécessaire et sans se laisser emporter par les émotions, pour le bien des athlètes.
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