18 septembre 2007


Championne québécoise chez les filles de 13-14 ans,
Audrey Bernard voit l’avenir avec optimisme... et réalisme.
photo : Patrice Laroche
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Graine de championne

La cycliste Audrey Bernard vient de connaître une saison phénoménale. La jeune athlète du club Élicycle de Québec a remporté 18 des 26 courses auxquelles elle a pris part, ne loupant le podium qu’à deux reprises en quatre mois de compétitions. Devant tant de succès, la nouvelle championne québécoise chez les filles de 13-14 ans garde néanmoins les roues sur terre.

Olivier Bossé

« J’entends souvent : "Audrey va devenir vraiment bonne." Ça fait plaisir, mais, en même temps, on dirait que je vais être obligée d’être bonne ! Il y a une part de chance, et les autres aussi ont du talent », affirme la gagnante de quatre médailles d’or en quatre épreuves aux Jeux du Québec, début août, à Sept-Îles.

Sans fausse modestie, Bernard ne croit pas pouvoir dominer autant l’été prochain, alors qu’elle passe chez les cadettes, soit les 15-16 ans. Elle rappelle qu’à sa première année minime, l’an passé, elle n’avait pas monopolisé la position de vainqueur. « Je retourne parmi les jeunes, et la compétition sera encore plus forte. Il y a plusieurs bonnes filles de deuxième année. En plus, la distance des courses va presque doubler, ce qui me prendra une certaine adaptation. » Elle participera, entre autres, au Tour de l’Avenir, à Saguenay, une première course par étapes pour elle.

Reste que sa présence au camp de détection de l’équipe du Québec, au centre national de Bromont, la fin de semaine prochaine, témoigne d’un futur prospère. Sous la supervision de l’entraîneur-chef de la formation provinciale, Éric Van Den Eynde, tous les champions québécois des catégories espoir y sont réunis. Bernard voit dans cette invitation une occasion en or de montrer ce qu’elle sait faire, mais surtout de fraterniser avec des amis.

Même si elle excelle aussi dans les épreuves sur route et en critérium, l’adolescente affectionne particulièrement le contre-la-montre. « Tu es toute seule et c’est moins long. Tu forces le temps que ça dure. Par contre, c’est plus stressant, parce qu’il faut attendre les résultats des autres, à la fin. »

Loyauté mise à l’épreuve
Installée à Trois-Rivières, elle partage son temps entre la Mauricie et la Vieille Capitale, où son père militaire est cantonné. Son appartenance à Élicycle est cependant remise en question depuis la scission entre le club de relève et celui d’élite Garneau-Crocs. Maintenant que le directeur technique Jean-Yves Labonté et le patron Louis Garneau se sont séparés, la loyauté de Bernard est mise à rude épreuve.

À long terme, elle admire le parcours d’une Lyne Bessette qui n’abandonne jamais. Le dopage ? « C’est pas ça, le vélo, tranche-t-elle. En ce moment, c’est les pires années pour le cyclisme, mais dans 10 ans, je pense que ça va être correct », espère celle qui fait des Jeux olympiques un rêve, certes, mais jamais un objectif.


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