29 septembre 2007

Longo rêve toujours du titre mondial sur route

Le titre mondial sur route lui échappe depuis 1996 mais Jeannie Longo, 48 ans, rêve toujours d'inscrire une nouvelle ligne à son incroyable palmarès.

Gilles Le Roc'h

La Française, sûre de sa forme, sera samedi l'attraction du championnat du monde féminin.

L'équipe de France, réunie dans la banlieue de Stuttgart depuis quelques jours, proposait une conférence de presse vendredi après-midi mais, fidèle à son personnage, Jeannie Longo ne s'est pas déplacée.

À l'origine du problème, le temps de parole accordé à la championne il y a un an à Salzbourg, qu'elle avait jugé trop court.

Elle est donc restée confinée dans sa chambre louée dans une ferme, si près de la nature et d'une qualité de vie qui semble inhérente à son épanouissement.

Elle apparaîtra sur la ligne de départ samedi, le visage fermé, envahie par le stress, secouée peut-être de quelques frissons, la championne française s'accommodant de moins en moins de la température froide.

"Je suis ici parce que j'ai la passion de la compétition, disait-elle en milieu de semaine. Tous les sacrifices que je m'inflige, les kilomètres d'entraînement et les séances dures de ces dernières semaines sont motivées par mon envie de gagner."

Ainsi raconte-t-elle avoir déniché avec son entraîneur de mari, Patrice Ciprelli, une route très peu utilisée dans le massif du Grésivaudan, présentant une pente de 20%.

Un statut particulier
Elle s'est astreinte à des séances de travail incroyables, répétant ascension après ascension des efforts terribles que des filles plus jeunes, ses rivales, ne savent peut-être pas endurer.

"Je l'ai fait en fonction du parcours de Stuttgart, dit-elle, et sans doute ne serai-je pas rebutée quand il faudra affronter un raidard de 13% !"

Au sein de l'équipe de France, Jeannie Longo bénéficie d'un statut particulier. La vie de groupe lui est évitée, l'aspect collectif de la course cycliste n'est pas une obligation. Elle va gérer sa course comme bon lui semble en prenant garde à restée bien placée, à éviter les chutes.

"Ensuite, dit-elle, tout est possible. Je me dis qu'un podium est envisageable."

Au sein de la maison bleue, elle sait recevoir le soutien de son amie Edwige Pitel, championne de France il y a trois mois grâce à Longo. Sans doute ses très jeunes équipières sauraient aussi l'aider bien que souhaitant sans doute s'affranchir de son omniprésence.

Pour conquérir un sixième titre mondial dans la course en ligne d'un championnat du monde, Jeannie Longo sait devoir bénéficier de jambes de feu pouvant lui permettre d'anticiper, d'échapper à un sprint massif, de s'isoler seule en tête comme au bon vieux temps.

Pas sûr, toutefois, qu'elle sache se défaire de ses adversaires.

La Britannique Nicole Cooke, opérée d'un genou il y a trois semaines, est absente mais l'Allemande Judith Arndt, l'Italienne Noemi Cantele et la championne du monde en titre, la Néerlandaise Marianne Vos semblent au-dessus du lot.


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