
Ses anciennes rivales compatissent
Plutôt que de la frustration, les anciennes rivales de Geneviève Jeanson éprouvent de la compassion envers l'ancienne championne déchue.

Hier matin, après avoir visionné l'émission Enquête dans laquelle Jeanson se met à table, Lyne Bessette était animée par un sentiment de tristesse.
«Après 10 ans de mensonges, je suis contente que la vérité sorte finalement », a confié Bessette depuis son condo de Boston.
Jugeant le reportage «troublant», Bessette espère que son ancienne grande rivale pourra passer à autre chose.
« Dans le fond, c'est elle qui se libère de ça, a-t-elle souligné. Disons que c'est une histoire plate. Elle a été prise là-dedans comme beaucoup d'autres. Ça arrive. Quand tu regardes son visage et la personne en tant que telle, je trouve ça triste. Dans un autre sens, je suis contente pour elle qu'elle ait fait des démarches pour refaire sa vie et essayer d'effacer le passé. »
La Montréalaise Anne Samplonius se dit elle aussi attristée pour Jeanson. La cycliste de 38 ans, championne du contre-la-montre aux derniers Jeux panaméricains, a eu maille à partir à quelques reprises avec l'ex-entraîneur de Jeanson, André Aubut. En 2004, elle avait accusé Aubut de lui avoir craché dessus lors d'une course. Faute de témoins, ce dernier avait cependant été blanchi.
Samplonius blâme Aubut pour ce qui est arrivé à Jeanson. « Elle s'est retrouvée avec le mauvais entraîneur, le mauvais gars en André Aubut, a-t-elle déclaré hier à un confrère du Toronto Star. En tant que compétitrices, on le savait, mais tu n'as pas de preuves et quand tu n'as pas de preuves, tu ne peux absolument rien faire. Mais ce qu'elle a fait au cours des années, personne n'aurait pu le faire sans prendre quelque chose. »
De l'avis de Samplonius, les seuls qui auraient pu intervenir efficacement sont les membres de la famille de Geneviève, en particulier son père, Yves Jeanson. « Je ne sais si son père était au courant de ce qui se passait (avec l'EPO), a-t-elle dit. Je crois qu'il était aussi une partie du problème. »
En se dopant de la sorte, Jeanson a privé plusieurs rivales de victoires, de succès, de bourses et d'une chance de rouler aux Jeux olympiques, croit Samplonius. « La liste est probablement énorme, estime-t-elle. Je ne sais même pas si elle réalise tout ce qu'elle a fait à plusieurs personnes. »
Sereine, Bessette refuse de se compter dans le lot et juge ne pas avoir été volée. « Non, parce que j'ai toujours été bien avec moi-même et ce que j'ai fait, je suis fière de l'avoir fait et de l'avoir fait propre », souligne celle qui se consacre désormais au cyclo-cross.
« Je sais qu'en sport de haut niveau, on peut le faire de cette manière-là, enchaîne Bessette. Maintenant, je continue à faire du vélo et j'aime ma vie. J'ai eu une belle carrière. Je ne regrette pas qu'elle ait été sur mon chemin. C'était une fille qui était plus forte que moi et elle m'a rendue encore plus forte en tant qu'athlète et c'est tout. C'est une page d'histoire qui est tournée. »
page mise en ligne par SVP

Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive