22 septembre 2007

Geneviève Jeanson dépouillée de ses titres ?

À la suite de ses aveux de dopage, Geneviève Jeanson sera vraisemblablement dépossédée de tous ses titres et exclue à vie.

Suspendue une première fois l'an dernier après un test positif à l'érythropoïétine (EPO) subi en 2005, Jeanson s'expose maintenant à une suspension à vie. Ses aveux livrés jeudi à l'émission Enquête de Radio-Canada constituent clairement une deuxième infraction de dopage.

Jeanson a admis s'être dopée à partir de l'âge de 16 ans. « Oui, depuis le début », a avoué Jeanson quand le journaliste lui a demandé si elle avait consommé de l'EPO sur une longue période. Lorsqu'il a été spécifiquement fait mention de ses quatre victoires en Coupe du monde sur le mont Royal, de 2001 à 2005, Jeanson a admis l'usage d'EPO.

Or les règlements antidopage de l'Union cycliste internationale (UCI) sont clairs : un deuxième délit est passible d'une suspension à vie. Depuis janvier 2006, Jeanson répète cependant que sa «retraite» est définitive et qu'elle ne veut plus rien savoir du cyclisme de compétition.

Dépouillée ?
Par ailleurs, toujours selon les mêmes règlements de l'UCI, un test positif conduit à une disqualification automatique des résultats d'un athlète au moment de l'infraction (règlement 256). Si des aveux peuvent être reliés à un moment précis, « les sanctions en place au moment des faits doivent être appliquées » (règlement 268).

Ainsi, l'Écossais David Millar a été privé de son titre de champion du monde du contre-la-montre de 2003 après des aveux de consommation d'EPO survenus l'année suivante.

Mis au fait des révélations de Jeanson, un représentant de l'UCI, qui a préféré conserver l'anonymat, a confirmé que la Canadienne devrait être privée de ses victoires.

« Si elle a avoué s'être dopée pour ces courses-là, normalement, elle va perdre ses titres », a convenu le représentant de l'UCI, joint hier à Stuttgart, site des prochains Championnats du monde sur route.

Ce dernier a rappelé que les décisions étaient prises au cas par cas par la commission antidopage de l'UCI.

« Je ne sais pas ce qu'elle a dit, ce sont les avocats qui vont décider, a-t-il insisté. Pour se voir enlever un titre, il faut avoir fait des aveux précis concernant une course. Donc, si elle dit "j'étais dopée en 1999 quand j'ai gagné les championnats du monde", normalement, elle perdrait son titre. Mais il faut voir ce qu'elle a dit. »

Les deux victoires de Jeanson aux Championnats du monde juniors de 1999 n'ont pas été évoquées lors de ses aveux à Enquête, mais l'ex-athlète de 26 ans a indiqué qu'elle consommait de l'EPO depuis l'âge de 16 ans «à peu près» à longueur d'année.

Fait à noter, l'article 17 du Code mondial antidopage prévoit un délai de prescription de huit ans à partir de la date d'une violation. Jeanson a remporté les Mondiaux juniors de Vérone sur route et contre-la-montre respectivement les 4 et 8 octobre 1999. Les aveux ont été diffusés le 20 septembre dernier, soit à quelques jours de l'expiration du délai de prescription.

Quant aux quatre triomphes sur le mont Royal de 2001 à 2005, Jeanson a admis avoir eu recours à l'EPO. La championne déchue a également remporté deux titres nationaux sur route et un au contre-la-montre.

RONA tombe des nues
Commanditaire de Jeanson de 2000 à 2005, RONA n'a pas l'intention d'entreprendre de démarches judiciaires contre l'ex-cycliste afin d'obtenir réparation.

« Le contrat avec Geneviève a été respecté jusqu'à la fin. L'engagement a pris fin à ce moment-là », a spécifié Eva Boucher-Hartling, directrice des communications externes pour RONA.

Cette dernière a affirmé que RONA ne savait pas que Jeanson avait consommé des produits interdits tout au long de l'association entre les deux. « On n'était pas du tout au courant que Geneviève Jeanson se dopait. On l'a appris dans le cadre de l'émission Enquête. Évidemment, c'est très décevant pour RONA. »

Mme Boucher-Hartling a rappelé que le programme de RONA avec le Comité olympique canadien contenait des clauses «très claires» selon lesquelles un athlète convaincu de dopage perdait sa commandite sur-le-champ. Une telle clause existait également dans les contrats liant Jeanson au quincaillier.


Geneviève Jeanson et Myriam Bédard

caricature : Hervé Philippe, La Tribune


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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