Les tests antidopage fonctionnent. C'est le message qu'a lancé la directrice du laboratoire antidopage de l'INRS, la docteure Christiane Ayotte, en réaction aux aveux de dopage de la cycliste Geneviève Jeanson.
Hugo Fontaine
« Nous sommes contents qu'elle admette les faits parce que du côté des laboratoires antidopage, il n'y avait aucun doute qu'elle utilisait de l'EPO depuis plusieurs années. Il y avait trop d'incidents qui pointaient vers ça. »
Selon la Dre Ayotte, les sceptiques des contrôles antidopage sont confondus. « Il y a des gens qui manquaient de confiance envers les tests. Geneviève Jeanson continuait à clamer son innocence en se servant d'experts grappillés à droite et à gauche et qui disaient que les tests, c'était n'importe quoi. Pour nous, c'est important que la communauté sportive soit rassurée. Nos tests sont bons. »
Les aveux de Jeanson sont donc un événement positif sur le plan technique de la lutte antidopage. Christiane Ayotte espère qu'il en sera de même du point de vue social.
« Il faut profiter de ce qui nous est donné là pour que la société voie ce qu'est le dopage, reprend-elle. On peut avoir une certaine sympathie vu les pressions qui ont été faites sur une jeune fille de 16 ans, mais il faut voir aussi que tout le temps où elle s'est dopée, elle a pris la place d'autres athlètes qui ne se dopaient pas. »
« On voit comment une jeune fille a risqué sa santé pour arriver à tout prix à gagner », ajoute la Dre Ayotte. En 2003, aux championnats du monde de Hamilton, l'hématocrite de Geneviève Jeanson était à 56%, soit neuf points au-dessus du seuil maximal. « Des hématologues vous diront que cela n'a aucun sens », souligne la Dre Ayotte.
Il va sans dire que Christiane Ayotte et tous les acteurs de la lutte antidopage auraient aimé coincer Jeanson plus rapidement. « Elle était sur la liste noire, affirme la Dre Ayotte. On y a mis tous nos efforts. Mais on n'a pas de tests sanguins au Canada, et c'est un problème. »
Au moins, note la Dre Ayotte, on peut se réjouir du fait que « le système a détecté que Geneviève Jeanson prenait de l'EPO ». « Si on avait eu les profils sanguins, on aurait peut-être pu la sortir de là avant. »
Les aveux de Jeanson surviennent le même jour que le verdict de culpabilité de Floyd Landis, vainqueur déchu du Tour de France 2006. Dure journée, donc, pour le monde du cyclisme. Christiane Ayotte l'affirme sans équivoque : « C'est pénible et lourd ce qui se passe dans le cyclisme. Mes confrères et moi commençons à trouver ça misérable et pathétique. »
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