28 septembre 2007
| OPINION |
Les révélations sur les années de dopage de la cycliste Geneviève Jeanson ont réveillé encore une fois la frénésie des médias autour de cet enjeu qui refait surface périodiquement. Avant que le cirque termine sa représentation et qu'on passe à autre chose, ne pourrait-on pas faire un effort pour faire avancer le débat vers une solution ?
Ça me fait bien rigoler tous ces discours sur l'importance de sensibiliser nos jeunes athlètes ou de resserrer les contrôles anti-dopage. Le mal est profond et il faut s'attaquer à la source première : le fric. Au-delà des sommes remises aux vainqueurs des compétitions, il y a la fameuse manne des commanditaires et il faut se rendre à l'évidence, les compagnies préfèrent voir leur nom associé aux gagnants. Alors si on veut profiter de cette manne, il faut gagner coûte que coûte. J'ai entendu de nombreuses personnes du milieu sportif affirmer qu'il est possible de pratiquer le sport sans dopage. Pratiquer oui, mais monter sur un podium ?
Voici ce que je propose. Les associations sportives provinciales et nationales pourraient s'entendre sur une politique de "Sport sain/Clean Sport" qui aurait un logo comme signature visuelle. Pour qu'un commanditaire puisse arborer ce logo, il devrait s'engager à inclure, dans ses contrats de commandites, une clause exigeant un remboursement total des sommes versées à l'équipe d'un athlète si celui-ci se voit un jour condamné pour tout acte contraire aux politiques des organisations sportives. Ces actes pourraient aller du dopage à l'espionnage comme on l'a vu récemment dans le cas de l'écurie Ferrari en Formule 1.
Ceci pourrait être avantageux pour les commanditaires car il ne serait plus seulement question d'endosser un gagnant, mais de promouvoir une éthique sportive. Les gens verraient d'un oeil plus positif un produit associé à une pratique saine du sport qu'à un vainqueur autour duquel rode le doute.
En bout de ligne, les entraîneurs hésiteront à plonger leurs jeunes athlètes dans des pratiques illégales compte tenu des sommes considérables qu'ils devraient rembourser s'ils venaient à se faire prendre.
J'espère que la mise en place d'une telle politique permettra aux rêves de nos athlètes de se réaliser sans qu'ils aient à les pervertir. Quoi de plus vide pour le coeur qu'une victoire obtenue par des moyens détournés !
Jean-Pierre Picard,
Cantley

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