27 septembre 2007
Le cas du Danois Michael Rasmussen qui, selon le quotidien l'Equipe de vendredi, a utilisé de la Dynepo durant le dernier Tour de France, illustre l'embarras des autorités antidopage devant cette nouvelle génération d'EPO pour laquelle le test classique n'est plus adapté.
Validé en 2000, le test élaboré par le laboratoire français de Châtenay-Malabry l'a été à une époque où n'existaient que les seules EPO alpha (Eprex), bêta (Recormon) et omega (depuis disparue), produites par génie génétique à partir de cellules ovariennes de hamsters chinois.
Ce test est basé sur l'interprétation visuelle d'une série de bandes qui, en fonction de leur disposition, indiquent la présence d'EPO naturelle (endogène) ou recombinante (exogène). La prise d'EPO exogène bloquant la sécrétion naturelle, le test est généralement d'une lecture simple.
En revanche, dès qu'une urine recèle, outre de l'EPO exogène, des traces d'EPO endogène, des bandes apparaissent dans la zone naturelle et le test peut être brouillé. Dans ce cas, le laboratoire ne peut juridiquement rendre un résultat positif et émet alors un «ininterprétable» qui ne trompe personne.
Le travail des analystes s'est encore compliqué avec l'arrivée des EPO génériques qui, selon les pays et les laboratoire de production, peuvent présenter de légères différences avec l'alpha et la bêta dont elles sont inspirées et compromettre la lecture du test. Ces subtiles différences, inhérentes aux molécules produites par génie génétique, expliquent d'ailleurs que les scientifiques utilisent le terme d'EPO biosimilaires et non d'EPO génériques.
Aujourd'hui, la Dynepo vient ajouter au casse-tête. Arrivée sur le marché allemand il y a quelques mois, elle est fabriquée à partir de cellules de peau humaine, à la différence des EPO classiques. Mais, même d'origine humaine, elle ne reproduit pas, au test, les bandes de l'EPO endogène, ni celles des exogènes classiques, alpha et bêta, pour lesquelles le test a été validé par l'Agence mondiale antidopage (AMA) il y a sept ans. L'analyste sait donc la reconnaître mais ne peut officiellement la déclarer.
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