
Audrey Bernard sur les traces de Lyne Bessette
La verra-t-on un jour aux Jeux olympiques ? Est-elle une future Lyne Bessette ? « Ouf ! C’est tellement dur d’en arriver là ! Je ne pense pas être capable », répond en rougissant la jeune cycliste de Québec Audrey Bernard.
Martial Lapointe
Elle a tout juste 14 ans et fait de la compétition depuis quatre ans. Elle ne cesse d’accumuler les médailles : quatre d’or aux derniers Jeux du Québec, elle est en tête au classement Argon 18, en tête également au classement général Sport Expert avec 16 fois la première place, cinq fois la deuxième, une fois la troisième et quatre fois la quatrième, et tout cela en 26 courses !
En fin de semaine, Audrey Bernard a encore gagné, cette fois le Championnat provincial dans la catégorie minime qui s’est tenu à Saint-Apollinaire. Pourtant, à la voir et à écouter ses réponses, c’est comme s’il s’agissait de quelqu’un d’autre tellement elle ne semble pas croire en ses capacités.
Clavicule cassée
En entrevue, son père, Alain, est à ses côtés. Il raconte alors une anecdote montrant à quel point la fillette peut parfois sous-estimer sa force et son talent.
« Au moment d’une course, relate Alain Bernard, Audrey se donnait tellement à fond qu’elle s’est cassé la clavicule. Pas en tombant, mais en tirant avec force sur le guidon ! À l’arrivée, on paniquait tous un peu de la voir dans cet état, mais elle ne comprenait pas qu’on s’en fasse ainsi. Elle avait tout bonnement couru pour gagner et, quelque part, c’était normal qu’on puisse se briser l’épaule !
« Elle ne voyait pas l’ampleur de sa blessure, au même titre qu’elle ne peut croire aller un jour aux Jeux olympiques, même si ses performances montrent qu’elle a de bonnes chances. »
Dopage
Audrey Bernard a commencé le cyclisme en suivant les traces de son grand frère. La première année, les résultats ont été plutôt ordinaires, reconnaît-elle.
« Je me suis donc entraînée davantage et, tout de suite, les résultats sont apparus. Je me suis mise à gagner et, quand tu gagnes, c’est motivant.
« J’ai bien vu, poursuit-elle, que l’entraînement, c’est super important. Ce n’est pas toujours agréable, c’est difficile, surtout quand tu es seule, mais il faut le faire et ça vaut la peine. »
Les questions de dopage revenant souvent en manchettes, il est difficile d’éviter le sujet. Mais l’opinion de cette jeune athlète laisse croire en des jours meilleurs.
« Oui, les gagnants sont drogués, lance-t-elle, mais tous les coureurs semblent l’être aussi, même les pas bons. Un jour, les cyclistes de haut calibre se rendront compte que ça ne sert plus à rien d’agir ainsi et, lorsque j’aurai atteint leur âge, peut-être qu’il n’y en aura plus de dopage. »
Son inspiration
L’attitude d’un cycliste qu’elle admire, Martin Gilbert, l’inspire. Le coureur a toujours dit qu’il essaierait d’aller le plus loin possible dans son sport, sans prendre de drogue et, le jour où on lui en proposera pour se dépasser encore plus, il allait tout abandonner.
Audrey veut donc suivre l’exemple de ce cycliste. Mais elle n’a pas de poster de Martin Gilbert, tandis qu’elle en a un autographié de Lyne Bessette. Ainsi, croit-elle un jour devenir la nouvelle Lyne Bessette ?
« Mais voyons, c’est bien trop dur d’en arriver là », échappe-t-elle, rougissant davantage et faisant sourire son père, tout fier, assis près d’elle.
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