6 août 2007
Laurent Martel
Dans le cahier Sports de La Presse du samedi 28 juillet dernier, le bien connu chroniqueur Réjean Tremblay y allait d’un pavé dans la mare du cyclisme québécois. On pouvait en effet y lire « Vous pensez que ça se dope juste au Tour de France ? Venez donc faire un tour aux Mardis cyclistes de Lachine. Regardez la bouille de certains dans le peloton. Allez jaser tranquillement avec le père des Mardis, Tino Rossi. Prenez un verre de rouge italien avec lui et écoutez les histoires qu’il raconte. Parce que lui, les vraies histoires, il les connaît. »
Nous sommes surpris de n’avoir vu aucune réaction à ces commentaires. Jusqu’ici, hormis quelques affaires ces dernières années dont la plus célèbre est évidemment l’affaire Jeanson, le cyclisme québécois a été relativement épargné par les affaires de dopage. La question se pose : est-ce que les coureurs ayant une licence de course de la Fédé se dopent ? Selon Réjean Tremblay, la réponse semble être oui, du moins pour certains qui participent aux Mardis de Lachine.
Nous croyons qu’il faut évidemment faire une fois de plus dans la nuance. D’une part, le budget des coureurs cyclistes du Québec n’est pas celui des coureurs professionnels. Le dopage qui est à la portée des coureurs du Québec n’est donc pas celui qui est à la portée des coureurs pro. Il faut ensuite probablement distinguer les catégories : les probabilités de trouver des coureurs dopés sont probablement plus élevées dans la catégorie élite ou seniors 1-2 et moindres dans les autres catégories.
Ceci étant, le niveau de performance sur le circuit de courses au Québec est nettement à la hausse et ceci, depuis quelques années. Plusieurs coureurs de notre équipe ayant des systèmes SRM de mesure de la puissance, nous sommes à même de faire quelques analyses sommaires de la puissance requise pour performer sur les courses provinciales. Les résultats sont, cette année, très surprenants, les puissances développées par certains coureurs Maîtres A (30-39 ans) et Maîtres B (40-49 ans) étant très, très élevées. Certaines lectures lors du GP de Charlevoix ou de la Coupe des Amériques sont reversantes sinon… stupéfiantes. Sans y voir un signe systématique de dopage, la progression de certains d’une année à l’autre demeure surprenante.
Nous sommes convaincus, à La Flamme Rouge, que si peu de cas de dopage parmi les cyclistes québécois sont trouvés, c’est parce que très peu de contrôles sont organisés, faute de moyens. Nous sommes également convaincus que si des contrôles avaient lieu plus fréquemment, nous aurions droit à de belles surprises, comme au plus haut niveau (mais avec des produits différents, bien sûr).
Comme disait un journaliste, « Plus le coureur va vite, plus on doute ». C’est vrai à tous les niveaux de compétition…
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