26 juillet 2007
Coups de tonnerre à répétition sur le Tour de France dans la nuit de mercredi à jeudi: le maillot jaune Michael Rasmussen a été exclu pour avoir menti à son équipe, Rabobank, qui, elle, a néanmoins choisi de rester dans la course. La 17e étape, vendredi, doit se disputer sans maillot jaune.
L'éviction du coureur danois a provoqué un nouveau séisme sur un Tour déjà bien malade, mais représente paradoxalement un soulagement pour les organisateurs. La formation néerlandaise Rabobank, après avoir soutenu son coureur contre toutes les accusations depuis plusieurs jours, l'a finalement lâché. Elle lui a du même coup signifié son licenciement.
Motif: Rasmussen a menti, en affirmant en juin qu'il s'entraînait au Mexique, alors qu'il était en Italie. Pour autant, cette éviction à quatre jours de l'arrivée à Paris, alors que le Danois avait pratiquement course gagnée, pose bien des questions, sur l'avenir immédiat de la course et sur les circonstances de cette ténébreuse affaire. Rasmussen débarqué, Rabobank a elle décidé finalement de poursuivre le Tour avec ses sept coureurs restants.
L'éviction du maillot jaune est-elle un coup de poignard pour le Tour? Le séisme ébranle évidemment le Tour de France, où l'on ne parle plus beaucoup de sport depuis quelques jours, mais surtout des "affaires". Mais paradoxalement, cette exclusion apparaît comme un soulagement pour la direction du Tour, qui se serait sentie "déshonorée" si Rasmussen avait ramené le maillot jaune à Paris, alors que le peloton entier le considère comme suspect.
Sulfureux
Pourquoi Rasmussen est-il suspect depuis le départ? Le Danois a reçu plusieurs avertissements des autorités antidopage pour n'avoir pas signalé, en 2006 puis de nouveau en 2007, ses lieux d'entraînement, échappant ainsi à des contrôles inopinés. Par le jeu des règlements, il n'a pas été sanctionné, mais a alimenté sa réputation sulfureuse.
Lorsqu'il a pris le maillot jaune à Tignes, à l'issue d'un numéro dans les Alpes, tout le peloton a commencé à s'interroger à haute voix sur la valeur sportive de sa performance. Son contre-la-montre extraordinaire samedi dernier à Albi a rajouté à la suspicion. La direction du Tour n'a pas caché son malaise à l'idée de voir ce coureur suspect remporter l'épreuve. Coureurs et directeurs sportifs de plusieurs équipes n'hésitaient pas à demander ouvertement son éviction.
Le témoignage de Cassani
Pourquoi Rabobank a-t-elle attendu si longtemps pour écarter son coureur? Mardi encore, lors de la journée de repos, Rabobank a fait donner son avocat pour défendre Rasmussen devant la presse. La position de l'équipe semblait claire: Rasmussen a commis des "erreurs administratives" en ne signalant pas à temps ses lieux d'entraînement, mais dans la mesure où les autorités du cyclisme ne l'ont pas sanctionné, il n'y avait aucune raison de le retirer de la courses.
Tout laisse penser néanmoins qu'en coulisses, la direction du Tour a exercé une pression sur le sponsor, la banque néerlandaise Rabobank, pour que Rasmussen soit écarté.
Mercredi soir, alors que le maillot jaune venait de nouveau de survoler une étape de montagne à l'Aubisque, Rabobank a eu connaissance du témoignage d'un ancien coureur, l'Italien Davide Cassani, affirmant qu'il avait rencontré Rasmussen en Italie en juin, alors qu'il était censé être au Mexique. Rasmussen a reconnu le fait. Comment, pourquoi, ce témoignage opportun est-il arrivé mercredi, et pas plus tôt? Rabobank n'avait donné jeudi aucun élément de réponse.
Que va-t-il se passer d'ici à dimanche? Dans l'immédiat, les organisateurs ont décidé que la 17e étape, vendredi, soit disputée sans maillot jaune. La nouvelle tunique ne sera remise qu'à l'arrivée de l'étape. jour. Pour l'instant, Alberto Contador (Discovery Channel) est en tête.
Le jeune Espagnol de 24 ans fait aussi l'objet de soupçons de la part de certains coureurs, en raison de ses performances dans les étapes de montagne. Sur le plan sportif, le Tour reste encore ouvert avant le dernier contre-la-montre de samedi. Contador ne possède que 1'53 d'avance sur l'Australien Cadel Evans, grand spécialiste du chrono.
Rasmussen introuvable
Par ailleurs, les gendarmes qui s'étaient déplacés pour interpeller Michael Rasmussen à l'hôtel de l'équipe Rabobank, à Pau dans la nuit, n'ont pas pu le trouver car il avait quitté les lieux. Le Danois aurait quitté Pau.
L'Italien Cristian Moreni pour sa part, contrôlé positif à la testostérone, n'est plus en garde à vue. Son équipe Cofidis s'était elle aussi retirée.
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