3 juillet 2007

Arrêter le Tour, en guise "d'électrochoc" ?

Président de l'association Des Vélos et des Hommes, Bernard Bled demande l'interruption du Tour de France pour mettre un terme au dopage. Selon lui, l'épreuve reine de la petite reine est devenue "une mascarade".

Matthieu Durand

Le Tour [de France] doit s'arrêter le temps qu'il faudra pour assainir définitivement [la] scandaleuse situation" du dopage. Cette proposition radicale émane de Bernard Bled, auteur d'une lettre ouverte écrite au vitriol. L'ancien secrétaire général de la mairie de Paris, actuel directeur général de l'Etablissement public pour l'aménagement de La Défense (Epad), s'exprime en tant que président de l'association Des Vélos et des Hommes, qui réunit des passionnés de la petite reine.

LCI.fr : Pourquoi ce coup de gueule ?

Bernard Bled : Parce que c'est plutôt mon tempérament ! Depuis que j'ai l'âge de m'intéresser au sport, je m'intéresse au Tour de France. Pour moi, cette épreuve, c'est la messe, la référence absolue. Aujourd'hui ma déception et ma colère sont au niveau de cette passion-là. Bien sûr, le dopage n'est pas nouveau. Copi disait : "Demain, je prends la bomba" ; Faber prenait sept côtelettes et un Porto flip ! Mais enfin, depuis une dizaine d'années, la généralisation du dopage devient insupportable pour tous les gens qui ont une éthique du sport. Ce qui se passe dans le cyclisme est navrant et inacceptable. C'est une situation généralisée voulue par des docteurs Mabuse qui tirent profit du dopage au niveau planétaire. On peut parler d'une mafia organisée. Et les gens qui font profession de ramener beaucoup d'argent sont complices donc coupables.

LCI.fr : Pourquoi justement demander l'arrêt du Tour de France ?

B. B. : Il faut viser quelque chose d'emblématique et que cela serve d'électrochoc. Le Tour de France est devenu une mascarade, une espèce de foire dont personne n'est dupe, où l'on donne le bouquet du vainqueur au plus malin... quand on peut le donner ! Les exploits sont assez largement fabriqués. Quel est le sens de ce type d'épreuve si 90% des coureurs trichent ? Tout cela ne serait pas si grave si la vie d'hommes était en jeu et si cela ne servait pas d'exemple à des jeunes confrontés à ce type de problème dès la prise de leur licence.

Les sponsors commencent déjà se poser des questions : s'il n'y a plus le nerf de la guerre, si la désaffection du public continue - et je l'ai constaté sur le Tour, l'ambiance n'est plus la même ; à la télévision, les audiences sont en baisse - à un moment donné, cela risque de péter de manière plus méchante. On me dit : "Si le Tour s'arrête, il est mort". Ce n'est pas vrai, il s'est arrêté pendant les deux guerres mondiales et il a survécu.

LCI.fr : Avec de tels propos, le Tour de France n'est pas prêt de passer par La Défense...

B. B. : Je réagis en tant que citoyen ; maintenant, dans le cadre de mes fonctions, je serais prêt à en discuter avec les organisateurs. Mais enfin, je dirais ce que j'ai à dire.

LCI.fr : Savez-vous ce que pensent de votre proposition les organisateurs du Tour ?

B. B. : Je connais bien Patrice Clerc et Christian Prudhomme [respectivement président et directeur du Tour de France, NDLR]. Ce sont des types honnêtes ; ils estiment être sur la bonne voie pour venir à bout du dopage. Mais dans la vie, il y a des gens qui se trompent de bonne foi. La preuve : malgré toutes les précautions prises l'an passé, il n'y a toujours pas de vainqueur du Tour 2006.

LCI.fr : Pensez-vous que votre appel sera entendu ?

B. B. : Je ne me prends pas pour Don Quichotte mais avec mes petits moyens, ça bouge quand même. Cela ne prouve pas que notre solution est la bonne mais cela prouve qu'il y a bien un problème.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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