25 juillet 2007

Vino : l’affaire qu’il fallait au cyclisme ?

Ce soir, je suis complètement partagé entre une naïve désillusion et un réalisme cynique.

Quand je vois les accélérations foudroyantes de Contador dans les cols, les hauts et bas successifs de Vino, le chrono de Rasmussen le côté réaliste de ma personnalité me dit que c’est du déjà-vu. Cela fait des années que je vois cela à la télévision, c’est une situation sans surprise.

Rien n’a changé. Les dirigeants des équipes sont des anciens cyclistes, l’UCI n’est jamais sortie de son rôle très ambigü, les médias encensent des performances qui sont hors de portée, les commentateurs sont eux aussi d’anciens cyclistes. Vraiment, rien n’a changé.

Quelle mauvaise foi, quelle mascarade.

Et pourtant, ma part enfantine bourrée de naïveté a envie d’y croire à nouveau, a besoin de voir des exploits, des échecs. Quels instants incroyables cette épreuve m’a déjà fait vivre; je me rappelle le contre la montre sur les Champs Élysées remporté par Lemond, la nique qu’a pu faire Jalabert à la fin de sa carrière en gagnant le maillot à poids à ceux qui l’avaient vu à ses débuts comme un sprinter et tant d’autres joies. À chaque fois que des illustres cas de dopage se font jour, cette part de moi est complètement écoeurée et trahie. C’est mon état d’esprit ce soir. Mais je sais que cet état n’est que momentané.

Je suis sûr de ne pas être seul dans ce cas; il y aura toujours des fans de ce sport. Seuls ceux qui financent les équipes et ceux qui organisent les épreuves ont la possibilité de l’assainir. Je ne peux pas croire qu’un coureur correctement encadré sur une épreuve comme le tour de France puisse se transfuser sans que quiconque de son équipe ne soit mis au courant. Je suis assez confiant dans le fait que ce nécessaire grand coup de balais arrive. Peut-être que l’affaire Vino sera le déclencheur, peut-être la suivante.

Je reste très interrogatif sur l’état d’esprit des coureurs dopés pendant leurs années de gloire et au cours de leur retraite sportive. Comment vivre avec sur le coeur une énorme tricherie devant des millions de fans ? Ce ne doit pas être facile tous les jours, même si le cynisme, la bêtise et l’argent gagné modèrent la culpabilité, même si le poids de la vérité est un fardeau plus lourd a porté que le mensonge.

Grandeur et décadence.

Pour oublier tout cela, j’irai faire ce week-end un col en vélo; ma fierté et ma peine seront authentiques; mes enfants seront mon seul public; c’est déjà énorme.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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