27 juillet 2007

Bernadette et sa vision du cyclisme

Je crois qu'il faut arrêter de prendre les sportifs dopés pour des délinquants. Comme dans tous les domaines, on ne traite pas les vrais problèmes. Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, la majorité des coureurs se dopent. Dire le contraire, c'est se moquer du monde. Et je n'ai sûrement pas l'intention de leur en faire le reproche.

Les maux dont souffrent le cyclisme et le Tour sont la surmédiatisation à outrance, le public et les sponsors qui poussent les champions à se surpasser et à aller toujours plus loin. De tout temps, les champions ne m'ont pas inspiré l'admiration mais la peur... Il suffit de les voir évoluer lors des étapes de montagne pour se rendre compte que leurs exploits ne correspondent pas à leurs véritables possibilités physiques. Le dopage doit être combattu et les sportifs dopés doivent être sanctionnés, mais ils ne doivent pas être diabolisés et être traités de voyous.

Les coureurs dopés ne sont pas des voyous. Les radier à vie ne résoudra pas les problèmes. Il faut mener le combat ailleurs. Il faut revoir les performances à la baisse, que le public et les supporters arrêtent de prendre les champions pour des « supermen » et que les journalistes sportifs arrêtent de pousser des cris d'admiration sur les exploits sportifs et de mettre des superlatifs dans les titres des journaux de presse écrite.

Samedi dernier 21 juillet 2007, dans le journal L’Equipe, j'ai lu un article qui m'a effarée. Cet article était intitulé : « Quand Virenque a le blues ». Dans cet article je lis que, au village départ, à chaque étape, Richard Virenque essaie de faire bonne figure devant ses supporters. Cela m'inspire la réflexion suivante : les supporters et le public ne respectent pas les champions qui se croient obligés de les satisfaire. Le grand mal du sport de haute compétition est là et pas ailleurs.

Pendant l'affaire Festina, les supporters n'ont pas respecté Richard Virenque en l'encourageant à s'enfoncer dans le mensonge et beaucoup d'entre eux n'étaient pas particulièrement perturbés par le fait qu'il était dopé. Je suis une supportrice de Richard Virenque et je l'ai soutenu pendant l'affaire Festina mais en m'efforçant de lui faire comprendre par l'intermédiaire de son fan club et en lui parlant personnellement qu'il devait parler pour pouvoir envisager de repartir sur des bases plus saines. Contrairement à la grosse majorité de ses supporters, je n'ai jamais considéré Richard Virenque comme une idole ou Superman.

Je respecte Richard Virenque parce que c’est un être humain qui a droit au respect dans sa volonté de se remettre en question et de poursuivre et terminer sa carrière dans la dignité. Aujourd'hui, près d'un an après l'accident qui a failli lui coûter la vie, il est toujours marqué par cette tragédie et il doit prendre sur lui pour continuer à vivre et se battre pour retrouver une vie normale. On est là à des années lumières de l'Idole ou du Superman.

Oui pour se battre contre le dopage et militer pour un sport sain, il faut revoir les performances à la baisse et montrer au public et supporters l'image de la dimension purement humaine des champions. Le Tour de France, qui fait partie de notre patrimoine national, en sortirait grandi. J'en appelle au Président de la République et au ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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