9 juillet 2007


Selon François Trout, trésorier du Centre national de cyclisme de Québec, il est faux de dire
que le vélodrome Louis-Garneau n’est pas sécuritaire, comme le prétend la Ville.
photo : Jean-Marie Villeneuve
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Centre national de cyclisme : le vélodrome de la discorde

Le verdict est tombé à la mi-juin : la Ville de Québec largue le vélodrome Louis-Garneau de Saint-Augustin-de-Desmaures. Ce qui devait être un grand centre national pour les cyclistes de l’est du Canada est en train de se transformer en pomme de discorde.

La Ville a fait parvenir une lettre au Centre national de cyclisme de Québec, gestionnaire du vélodrome, lui indiquant que la piste serait dorénavant fermée pour « des raisons de sécurité ».

Un argument que n’achète toutefois pas François Trout, trésorier du centre situé sur le Campus Notre-Dame-de-Foy.

« La Ville a décidé de couper différentes installations, comme le vélodrome, pour boucler son budget », croit-il.

Pour lui, la surprise a été totale, fin mai, lorsque la Ville lui a téléphoné une première fois.

« Je leur avais signifié qu’il y avait environ une trentaine de panneaux à changer cette année, mais je n’avais pas de nouvelles de leur part », indique M. Trout. Selon lui, le vélodrome est en meilleur état qu’en 2005, année où Québec avait effectué la majeure partie des réparations de la piste cyclable.

Ce n’est toutefois pas l’opinion de la Ville de Québec, qui a pris sa décision après l’étude de la structure par des ingénieurs. « Cet équipement-là n’est pas sécuritaire », affirme le directeur du Service des loisirs et des sports, Guy Bélanger. Selon lui, la piste qui a été inaugurée en 2001 est allée « au plus loin de sa vie utile ».

De plus, la Ville considère que l’équipement n’est pas conçu pour l’extérieur, lui qui subit les contrecoups de l’hiver québécois.

Faux, répond François Trout. Il y a d’autres vélodromes extérieurs au Canada, dont celui de Dieppe, qui a environ le même âge et la même structure que celui de Saint-Augustin. « Dieppe va même accueillir le Championnat canadien sur piste en septembre », indique-t-il.

Pour François Trout, Québec se dégage de ses responsabilités. Elle avait en effet hérité de la piste et de son entretien après les fusions municipales et son implication avait été reconduite après que le vélodrome a été classé « d’agglomération » en 2005 par un comité de transition.

Autre point de désaccord : la Ville considère que l’équipement est « spécialisé » et utilisé de « manière marginale ».

« Il n’y a pas une masse critique qui l’utilise, affirme Guy Bélanger. Financer la piste, ce n’est peut-être pas mettre les ressources au bon endroit. Il y a d’autres équipements qui sont beaucoup plus destinés à l’ensemble de la population. »

François Trout fait une lecture différente de la popularité du vélodrome. Selon lui, la piste a toujours été fréquentée.

« Nous avons présenté deux Coupes du Québec, il y a eu beaucoup d’entraînements de coureurs de la région », assure-t-il.

Pour le moment, il n’est pas question de démanteler le vélodrome. Toutes les avenues sont cependant étudiées. La Ville est ouverte à des discussions afin de le rétrocéder au Centre national de cyclisme de Québec.

« Nous n’avons pas eu de demande officielle du Centre, déclare M. Bélanger. Mais nous devons être responsables. Nous ne voulons pas faire un cadeau de Grec. »

« C’est quelque chose qui est considéré, affirme M. Trout. Mais nous devons avoir un partenaire financier solide. »

À la Ville de Saint-Augustin, on se dit prêt « à prendre ses responsabilités et à s’asseoir avec les gens du Centre », si le vélodrome doit être en pris en charge localement.

« On a toujours été présent avec nos organismes, mais il ne faut pas non plus qu’on nous refile la facture », a dit le porte-parole de la Ville, Jean-Claude Desroches.

Une porte d'entrée de moins pour les jeunes athlètes
Triste sort que celui du vélodrome Louis-Garneau. En plein mois de juillet, où les jeunes cyclistes devraient s’exercer en vue d’une compétition importante, il est déserté, vidé de son sens et envahi par les mauvaises herbes qui poussent tout autour de sa structure.

Cet ancien vélodrome de la Ville de Bromont avait pourtant suscité de beaux espoirs. Acquis pour la somme de 10 000 $ par l’homme d’affaires Louis Garneau et la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures (à parts égales), il devait stimuler le monde du cyclisme dans la capitale nationale et dans l’est du pays. Selon plusieurs officiels du monde sportif, le vélodrome Louis-Garneau demeure essentiel pour le développement des jeunes espoirs cyclistes du Québec.

« Le vélodrome est exotique et rassembleur, c’est une porte d’entrée pour aller chercher de jeunes athlètes prometteurs », soutient Éric Van den Eynde, entraîneur de l’équipe de cyclistes du Québec sur route et sur piste. Celui-ci se désole des répercussions de la fermeture de la piste.

« Pour le développement des jeunes cyclistes, je crois que ça va bloquer, continue-t-il. Pour les athlètes, le vélodrome était utile lors des pratiques en vue d’améliorer ses chronos. »

Selon M. Van den Eynde, le vélodrome s’implantait tranquillement dans les mœurs de la région.

« Ses meilleurs moments étaient à venir, dit-il. Nous avons mis en place des programmes et les groupes n’étaient pas complets au début, mais après seulement trois ans d’activité, il y avait des listes d’attentes pour nos sessions », assure-t-il.

Selon lui, il y avait 300 membres actifs et environ 1000 cyclistes qui participaient annuellement aux différentes formations du vélodrome. Et certains athlètes ont fait leurs premières armes sur la piste.

Alexandre Cloutier, athlète cycliste de la région, est un de ceux-là. Il a roulé plusieurs tours sur le vélodrome à Bromont, mais également à Saint-Augustin.

« C’est dommage, se désole-t-il. Pour moi cela a peu d’impact, car j’ai arrêté ma carrière sur piste (faute d’infrastructures adéquates au Québec), mais le vélodrome permettait d’initier des jeunes cyclistes au vélo sur piste. »


Le vélodrome Louis-Garneau en sept dates

1995
La piste est montée pour la première fois dans le Copps Coliseum de Hamilton, en Ontario, lors de compétitions cyclistes en salle.

1998
La Ville de Bromont monte la piste en extérieur.

2000
La Ville de Bromont achète la piste des Jeux olympiques d’Atlanta. L’homme d’affaires Louis Garneau et la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures se portent acquéreurs de l’ancien vélodrome de Bromont et le déménagent sur le Campus Notre-Dame-de-Foy. Selon un protocole d’entente, le vélodrome devient la propriété exclusive de la Ville de Saint-Augustin, puis de la Ville de Québec après les fusions municipales.

2001
Le vélodrome Louis-Garneau est inauguré.

2005
Une partie du vélodrome s’affaisse durant l’hiver 2005. La Ville doit effectuer des réparations. On installe des panneaux en bois traité et on double une partie de la structure.

2006
Au printemps 2006, la Ville doit procéder à d’autres réparations.

2007
La Ville de Québec ferme le vélodrome Louis-Garneau.


Note du webmestre :
Amis cyclistes de Québec, vous n'avez pas à vous inquiéter !
La mairesse de Québec Andrée Boucher s'en occupera PERSONNELLEMENT, dès son retour de Calgary, où elle est allée au Stampede servir de la crème glacée aux passants, selon ce que rapporte le Journal de Montréal de ce matin.


photo : Sun Media

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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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