
La vie après le ski alpin
Combinaison moulante, casque protecteur et lunettes, Anne-Marie Lefrançois ne devait pas être trop dépaysée, hier après-midi, sur la ligne de départ. Reste qu’au lieu de poser les pieds sur des skis comme elle l’a fait pendant 10 ans pour le compte de l’équipe nationale, c’est plutôt aux pédales de son vélo qu’elle s’est fixée, à l’occasion des Championnats canadiens de cyclisme sur route.
Olivier Bossé
Il y a une vie après le ski alpin, et Lefrançois le prouve avec brio. Retraitée du Cirque blanc au terme de la saison 2004-2005, l’athlète originaire de Charlesbourg s’est depuis exilée à Vancouver pour y poursuivre des études universitaires en génie. Si elle était déjà à l’aise sur deux roues à l’entraînement, le vélo n’a toutefois pris l’avant-scène que l’an dernier.
Invitée à rouler une étape du Tour de France (celle des amateurs, bien sûr), Lefrançois s’est jurée d’être en mesure de grimper l’Alpe d’Huez, conditionnement à la clé. Eh bien, non seulement n’a-t-elle pas été avalée par la fameuse montagne, mais elle a très bien fait avec le cinquième temps chez les femmes.
« J’ai vu que je n’étais pas si pire, alors j’ai continué d’en faire », résume au Soleil la blonde de 30 ans, rencontrée dans le stationnement de la polyvalente de Saint-Georges de Beauce, juste avant le départ de l’épreuve féminine. « En plus, ça me faisait du bien. J’avais de la misère à juste aller à l’école » et d’être privée du sport de compétition.
Habiletés athlétiques
Elle prend donc part à des courses locales et régionales, qu’elle gagne sans difficulté. Puis vient l’offre d’une équipe de l’Ouest, Integrale, qui la recrute pour des épreuves plus importantes. « Les études et le travail restent mes priorités, mais à Vancouver, tu peux faire du vélo 12 mois par année. Et j’ai des bons résultats, alors c’est plaisant », constate-t-elle.
Forte d’une participation aux Jeux olympiques, de deux 12e positions en Coupe du monde et de deux titres de championne canadienne en ski, Lefrançois n’approchera jamais sur l’asphalte ce qu’elle a réalisé sur la neige. Sauf qu’une 10e place au critérium, vendredi, et une 26e position au contre-la-montre, lundi, prouvent qu’elle n’a rien perdu de ses habiletés athlétiques.
Place au skicross
« Le cyclisme, c’est beaucoup plus dur que le ski, assure-t-elle. Dans une course de vélo, tu te vides le cœur durant deux ou trois heures, tandis qu’en ski, ça dure une minute et demie, mais ça prend les couilles pour y aller. » Lefrançois n’a d’ailleurs pas remisé ses spatules puisqu’elle compte faire partie de l’équipe canadienne de skicross en vue des JO de 2010, à... Vancouver. Cette nouvelle discipline où quatre skieurs s’élancent dans un même parcours y fera ses débuts olympiques.
L’épreuve sur route féminine hier a couronné Gina Grain (C.-B.), de l’équipe Expresscopy.com. Spécialiste de la piste, Grain a quand même bouclé les 127 km en 3 h 42 min 24 s. « Il faut croire que j’avais plus de jambes que je ne le pensais ! » a résumé la gagnante. Le titre d’étoile du jour revient cependant à Émilie Roy, auteure d’une échappée en solitaire sur environ 70 km. Quatrième au classement global, la Bromontoise de 22 ans a remporté la palme chez les moins de 23 ans en 3 : 42 : 41. Lefrançois a pris le 39e rang (3 : 48 : 02) sur 54.
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