10 juillet 2007

Le docteur "Mabuse" du cyclisme en correctionnelle

Bernard Sainz, surnommé "docteur Mabuse" dans les milieux du cyclisme professionnel, a été renvoyé le 5 juillet devant le tribunal correctionnel de Paris pour un présumé trafic de produits dopants au profit du peloton en 1998 et 1999, apprend-on de source judiciaire.

Après huit ans d'instruction, les juges d'instruction Gilbert Thiel et Marie-Odile Bertella-Geffroy ont aussi renvoyé devant les juges Bertrand Lavelot, ancien avocat du coureur Richard Virenque, comme le révèle le journal Le Parisien.

Les deux hommes seront jugés tous deux pour "détention et cession de substances vénéneuses et de produits dopants", "exercice illégal de la médecine" pour Bernard Sainz et complicité de ce dernier délit pour Bertrand Lavelot. Le procès se tiendra en 2008.

Plusieurs coureurs français, dont Philippe Gaumont (Cofidis), Yvon Ledanois (Française des Jeux) et Pascal Peyramaure (ex-professionnel), mis en examen ont bénéficié d'un non-lieu, bien que certains aient reconnu les faits devant les juges, notamment le premier.

L'usage de produits dopants n'est pas un délit et les cessions de produits entre coureurs n'ont pas été considérées juridiquement comme un trafic.

Bernard Sainz, 63 ans, qui se présente comme "soigneur" ou "homéopathe", doit son surnom de "Mabuse" à un sulfureux personnage de cinéma d'avant-guerre.

Il est apparu dans des multiples enquêtes sur le dopage dans le cyclisme et il est soupçonné d'avoir été un des personnages-clefs de cette pratique du peloton dans les années 90. Les juges retiennent contre lui les charges d'avoir approvisionné les coureurs en EPO et testostérone, entre autres produits.

L'enquête, lancée lors du "Tour de la honte" en juillet 1998 où avait déjà éclaté le scandale Festina, avait abouti à une série d'arrestations et de perquisitions en mai 1999 dans le peloton.

Des produits dopants ont été saisis chez Bernard Sainz et Bertrand Lavelot. Les deux hommes ont nié tout trafic au profit du peloton en expliquant qu'ils utilisaient les produits pour des animaux ou pour "améliorer leurs performances sexuelles".

Bernard Sainz a notamment coopéré avec Richard Virenque, entendu comme témoin dans la procédure et avec le Belge Franck Vandenbroucke, devenu toxicomane et interné en psychiatrie fin juin dernier après une grave dépression.

En février 2002, Bernard Sainz avait été envoyé en prison pour violation de son contrôle judiciaire après un contrôle routier en Belgique où la police avait découvert dans sa voiture des seringues et des produits homéopathiques. L'enquête avait encore conduit à Frank Vandenbroucke.

En juin 2005, Bernard Sainz a à nouveau été mis en examen et écroué à Alençon dans une autre enquête sur un éventuel dopage de chevaux de courses.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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