28 juillet 2007

Rouler entre côtes et cailloux

Plein soleil, la route est belle. En voiture, direction Eastman, sur des airs de Johnny Cash, musique idéale pour se préparer au vélo: ça suit un rythme régulier, comme un bon coup de pédale.

Hugo Fontaine

À Eastman, village de 1500 âmes au bord du lac d'Argent et à l'ombre du mont Orford, on enfile le cuissard et le maillot, on ajuste le casque, on fixe les sacoches à l'arrière des montures. La Montagnarde nous attend.

La Montagnarde est un segment de la Route verte qui ne cache pas sa nature: c'est montagneux! Entre Waterloo et Magog, 52km de montées et de descentes. On choisit de pédaler entre Eastman et Magog, ce qui nous amène au coeur du parc national du Mont-Orford. Trente-cinq kilomètres aller, on verra pour le retour.

Dents de scie
En bons Estriens que nous sommes, les côtes ne nous font pas peur. On sait un peu à quoi s'attendre; le profil topographique en dents de scie est indiqué dans le guide officiel de la Route verte.

Les pentes sont irrégulières. On tente de ne pas trop se brûler dans les premières. On entre officiellement dans le parc national du Mont-Orford au kilomètre 8 par une longue descente à forte déclivité.

Malheureusement, on ne peut pas en profiter pleinement. La surface en gros cailloux n'est pas adaptée aux vélos de route. Les doigts sur les freins, les yeux rivés sur la piste, on descend en tentant d'éviter le caillou qui nous fera perdre l'équilibre. Les autres cyclistes, sur leur hybride ou leur vélo de montagne, y prennent davantage de plaisir.

Quelques murs parsèment le trajet: des bouts de pente plutôt à pic qui seraient moins rébarbatifs s'ils étaient asphaltés. La surface qui nuit aux descentes nuit aussi aux ascensions: les pneus lisses tournent dans le vide, et on évite la chute de justesse. Au moins, la piste n'est pas trop fréquentée.

On prend une pause à la 14e borne. C'est l'escale de l'étang aux Cerises, vaste étang s'il en est un. Quelqu'un a mal compris la définition d'un étang: soit nous, soit la commission de toponymie. Quoi qu'il en soit, l'endroit est beau et pratique. On y trouve des rafraîchissements et des informations touristiques, et il y a des toilettes.

Belle Estrie
Nous repartons vers notre destination en contournant la montagne par le nord et l'est. La nature est relaxante. De ce fait, on est prêt à pardonner bien des choses. Mais tondre les abords de la piste serait une bonne idée. L'herbe envahit parfois le sentier. Puis, asphalter au moins les pentes pourrait augmenter le plaisir de rouler dans un tel environnement.

Car le mont Orford offre de belles choses aux yeux. Le chemin de la Grande Coulée amène le cycliste à foncer directement vers la montagne tailladée par les pistes de ski, comme s'il se préparait à l'affronter. Heureusement pour certains, malheureusement pour d'autres, la piste bifurque plutôt au sud pour pousser le cycliste vers Magog, le temps d'une dernière montée abrupte, asphaltée celle-là.

La piste nous porte tranquillement vers le lac Memphrémagog, où l'affluence est grande en ce superbe samedi. On mange tranquillement devant le lac et les baigneurs qui en profitent. Magog resplendit.

Au bord de la piste cyclable, une affiche de la Route verte nous indique que Québec ne se trouve plus qu'à 264 km. C'est ça, la Route verte: un réseau cyclable qui permet de se rendre un peu partout sur deux roues. Mais certainement pas aujourd'hui !

Boucler la boucle
Nous choisissons plutôt de revenir vers Eastman par la route 112, de façon à contourner la montagne par le sud pour boucler la boucle. L'allure est bonne. On suit un train pendant une partie du trajet, et on va parfois plus vite que lui. Comme quoi un vélo de route n'est nulle part plus efficace que sur la route.

De retour, nous observons l'imposante montagne, bien satisfaits d'en avoir fait le tour. Nos jambes sont encore là, nous les sentons bien.

Nous avons parcouru 50 km. À peu près la même distance que les pros du Tour de France, qui franchissaient 54 bornes en contre-la-montre ce jour-là. Le gagnant, Vinokourov, a pédalé à une vitesse moyenne de 48 km/h. Nous, un peu plus de 17. C'est que nous avions oublié la transfusion, ce matin-là.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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