25 juillet 2007

Canal Évasion poursuit sa couverture

Compte tenu des événements récents, seriez-vous d'accord pour que Canal Évasion cesse la diffusion du Tour de France ?

Après l'exclusion d'Alexandre Vinokourov pour dopage, voilà la question que Serge Arsenault comptait soumettre à ses téléspectateurs ce matin. Après une courte réflexion, le propriétaire de la chaîne spécialisée, qui diffuse le Tour en exclusivité au Québec, a rejeté l'idée. Les «négatifs» auraient envahi la boîte de courriels, ce qui risquait de produire un portrait déformé de la réalité, a-t-il pensé.

« Je m'interroge autant que tout le monde, a précisé Arsenault, hier après-midi. Ce n'est pas agréable ce qui se passe. Mais la question est trop grave pour jouer avec cette façon-là. Et de toute façon, 90% des gens demanderaient l'arrêt de la télédiffusion que je ne le ferais pas ! »

Malgré les scandales qui secouent l'épreuve, Arsenault n'a donc aucunement l'intention d'imiter deux chaînes de télévision allemandes et d'interrompre la retransmission en direct du 94e Tour de France.

« Si tel était le cas, il faudrait que tous les réseaux arrêtent la diffusion du baseball, des Jeux olympiques, du tennis. En fait, il faudrait arrêter la majorité des sports. Sinon, c'est deux poids, deux mesures », a affirmé Arsenault, qui éprouve de la sympathie pour les athlètes, « projetés dans un cul-de-sac par le système industriel du sport ».

Depuis 2003, Canal Évasion diffuse en direct la plus grande épreuve cycliste au monde. La chaîne y obtient ses meilleures cotes d'écoute, de « deux et demi à trois fois supérieures » à la moyenne. Selon Arsenault, en raison des coûts élevés de la transmission satellite en direct, l'émission n'est toutefois pas profitable sur le strict plan des revenus et des dépenses.

Louis Garneau ébranlé
Avant même l'annonce du contrôle positif de Vinokourov, Louis Garneau s'interrogeait sur l'opportunité de poursuivre son association avec le Tour de France.

Pour une deuxième saison, son entreprise, Louis Garneau Sports, fournit les casques à l'équipe française Bouygues Telecom dans le cadre d'une entente de commandite. Les soupçons qui pèsent sur le Danois Michael Rasmussen, porteur du maillot jaune, et l'exclusion de l'Allemand Patrick Sinkewicz, qui a subi un contrôle positif à la testostérone, ont refroidi le chef d'entreprise et ancien coureur.

« Ça dérange, a reconnu Garneau en entrevue téléphonique, hier matin. Ça porte à réflexion. Je réfléchis à voix haute, mais ça coûte très cher d'être associé au Tour de France. On se demande si on doit, l'an prochain, renouveler ou mettre notre argent vers les plus jeunes. D'un autre côté, le Tour donne une visibilité très grande. C'est l'oeuf ou la poule. »

Louis Garneau est cependant encouragé et rassuré par l'attitude de Jean-René Bernaudeau, directeur sportif de Bouygues Telecom et ardent défenseur de la lutte antidopage. « Je l'ai rencontré encore une fois, le printemps dernier, et il se bat vraiment contre le dopage, quitte à parfois avoir des résultats moins importants, a indiqué Garneau. Il y a de l'espoir. Bouygues a quand même gagné la 14e étape l'an dernier (Pierrick Fedrigo à Gap). »

Argon 18 fonce
Le fabricant de vélos québécois Argon 18, lui, n'a pas encore investi les rangs du Tour de France. Mais ça ne saurait tarder. Et les mauvaises nouvelles des derniers jours ne changent en rien le plan de l'entreprise de Gervais Rioux, qui consiste à équiper une formation du circuit ProTour d'ici quelques années.

« C'est sûr qu'un jour, Argon 18 va avoir ses vélos dans le Tour de France, a affirmé Rioux, triple champion canadien sur route. On a un plan d'action en ce sens. C'est sûr que ce qui se passe en ce moment n'est pas bon, mais là où il y a crise, il y a occasion. Le vélo reste un bon médium et le Tour de France est le banc d'essai ultime pour le développement et l'avancement du produit. Ce qui ne veut pas dire qu'on se met la tête dans le sable pour autant. »

À titre d'ancien coureur, Rioux salue les efforts des instances dirigeantes pour nettoyer le sport. « Au moins, il y a un certain effort dans le vélo, a-t-il souligné. La plupart des autres sports professionnels ne font pas de tests pour éviter que ce genre de choses ne surviennent. Du dopage, il y en a partout. Le vélo prend les moyens pour essayer de l'enrayer. Le nettoyage va peut-être être long, mais il y aura toujours des courses de vélo. »


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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