24 juillet 2007

Tour de France

Entre la passion et la stupidité

Au départ de l'étape d'hier, Alexandre Vinokourov s'est soudainement souvenu de Floyd Landis qui ressuscitait des morts l'an dernier.

Après plus de deux semaines incroyables qui ont rallumé la flamme de milliers de fans désabusés, le Kazak Alexandre Vinokourov a décidé de rire de tout le monde en faisant, hier, un grotesque numéro qui donne une impression de déjà vu. Chute majeure, gagne, perd 28 minutes au classement et gagne encore en solitaire tout de suite le lendemain. J'aurais préféré Carlos Sastre dans un grand jour. Plus crédible.

"Ça n'allait pas bien dans ma tête hier mais je n'abandonnerai jamais", a notamment dit Vino en commentant son invraisemblable victoire. Dans ce sport-spectacle où l'événement du Tour de France est plus important que les cyclistes professionnels eux-mêmes, je sais pertinemment que les performances ne sont pas très humaines. Qu'importe. Le regarde la télé pour voir un show. Le vrai sport, je le pratique moi-même.

Mais je n'aime pas les absurdités comme le poulet Rasmussen, qui à 5'8 et 127 livres, termine 11e du contre-la-montre alors qu'il était 77e à près de 8 minutes en 2005. Je n'aime pas les zombies comme Vinokourov qui sortent de terre alors que le dernier sacrement a été donné la veille. Et je n'aimais pas l’attaque stupéfiante de Landis 24 heures après sa terrible défaillance vers La Toussuire en 2006. Je n'ai jamais apprécié non plus le visage sanguinaire de Bjarne Riis avec son crâne aux veines saillantes en 1996 contre Miguel Indurain à l'arraché.

Un peu de sérieux
J'aime toujours la course et les réelles explications entre les parfaits sprinteurs ou les purs grimpeurs. Lorsque Rasmussen (qui ressemble physiquement à un malade en phase terminale) s'envole dans les Alpes avec Alberto Contador, je deviens euphorique comme les Basques en bordure de la route. Ce sont les meilleurs malgré tout.

Le 15 mars 2007, Alberto Contador a gravi la côte de Mende à 19,24 km/h en développant 480 watts dans une pente à 10,26 %. Le test de puissance en watt diffère toujours selon le gabarit du coureur. Pour ma part, je développe une puissance égale à celle d'un grille-pain ! Sur un appareil intérieur, Charles Dionne peut atteindre 400 watts.

Souvenir tragique
Hier, les coureurs sont passés au Portet d'Aspet, à l'endroit où Fabio Casartelli a perdu la vie après une chute en juillet 1995. Je me souviens trop bien de l'image de son corps en position foetale, le crâne enfoncé et la mare de sang sur l'asphalte. Le lendemain, le peloton avait défilé en silence sur 238 km.

Qui gagnera le Tour 2007 ? Le controversé Danois a des chances mais quelle surprise ce serait. En 1998, il a fallu le retrait de presque tous les prétendants pour qu'un grimpeur pur comme Pantani remporte enfin l'épreuve. Étrange situation.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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