27 juillet 2007

Pour la presse européenne, le Tour de France est «un mort-vivant»

Raphaël Godet

On le voyait grand vainqueur. Il sera le petit perdant. « Chicken » a donc quitté la basse-cour du Tour, « abattu par un mensonge », titre froidement le quotidien danois L'Ekstra Bladet. Le Maillot jaune a été « jeté dehors », écrit B.T, un autre journal danois. « La confiance s'est envolée et la crédibilité du sport cycliste est en morceaux. La faute à Michael Rasmussen, qui a menti et menti beaucoup » sur son emploi du temps avant la Grande Boucle.

Rasmussen a donc quitté son hôtel, incognito. La dernière échappée de l'homme qui avait plané sur les Alpes, et survolé les Pyrénées. Un coup de plus porté à un Tour de France en péril, « décapité », se permet la presse belge. « C'est un tremblement de terre, le Tour est malade », constate La Repubblica. Voilà le diagnostic médical d'une épreuve ternie par « le dopage, le mensonge et la tromperie », annonce la presse allemande, d'un ton grave.

« Le Tour de Farce »
Le Tour, qui a 104 ans cette année, est une « course blessée à mort », titre El Pais. Pour leBild, ses jours sont comptés, « l'arrivée à Paris aura tout d'une procession mortuaire, les spectateurs du monde entier n'éprouvent plus que colère et déception pour les menteurs du vélo. Les classements n'intéressent plus, car ils ne sont plus que mensonge et escroquerie ».

D'autres journaux n'ont pas attendu la fin de la longue agonie du centenaire pour l'enterrer mort-vivant. Comme L'Ekstra Bladet, qui illustre sa une avec une croix tombale.

Alors, « doit-on suspendre le Tour après ce scandale ? », s'interroge Marca. Oui, il faut « abolir l'événement cycliste numéro un », propose le quotidien tchèque Lidove Noviny. Oui, car « le Tour de France est devenu le Tour de Farce », raille le quotidien autrichien Österreich.

Pour La Republicca, rien n'est perdu. Le Tour peut encore être sauvé. « Le cyclisme est malade comme peut l'être un ami ou un parent qui se drogue (...) C'est pour cela qu'il a besoin de présence et non qu'on le laisse tomber. » Ne pas abandonner. Être au chevet d'une course passée « de la gloire à la honte en cinq heures », note Marca.

Lidove Noviny propose donc une ordonnance médicale : « Repartir à zéro ». Se ressaisir avant que « les sponsors décrochent, les étoiles s'éteignent et la Grande Boucle 2007 entre dans l'Histoire comme le Tour du dopage » craint le journal flamand De Standaard.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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