27 juillet 2007

Les organisateurs s'acharnent à sauver le Tour de France

Jean-Julien Ezvan

« À QUAND UN TOUR PROPRE ? » Les lettres rouge sang sur fond blanc accrochées sur un drap tendu dans un paisible jardin de Gabaston, dans les Pyrénées-Atlantiques, éclaboussent. La réalité teintée d'un faible espoir. Celui d'une épreuve en plein chaos, sous la menace. Celle d'une discipline malade jetant l'opprobre sur les acteurs de la route.

Survivre. Un voeu et un désir. Comme celui de voir Paris. Une idée fixe. Pour boucler la boucle. Même empoisonnée. Sans pour l'instant voir plus loin quand, dans les coulisses, cohabitent la volonté affichée d'évoluer, à l'image de l'indéfectible détermination brandie par les organisateurs du Tour, et les réticences affirmées, héritées des habitudes. Une culture malheureusement pas définitivement enterrée, comme le rappellent les scandales qui fleurissent. La lumière parviendra-t-elle à se faufiler pour réconcilier les spectateurs et leur épreuve ? À Pau, quelques instants avant le départ, les applaudissements et les cris accompagnent Raymond Poulidor. Expression de la force des souvenirs et de la fragilité du présent. Pour un Tour posé entre une actualité nauséabonde (assommé par les affaires Sinkewitz, Vinokourov, Moreni et Rasmussen) et un futur délicat à esquisser. Rejoindre Paris n'aura servi à rien si cela n'offre pas dans un délai très court aux organisateurs et aux instances de s'ériger en architectes du futur. Pour ne plus jamais bâtir sur du sable. Même en été.

Voir Paris, contre vents et marées. La suspicion n'a pas quitté la route avec le départ précipité de Michael Rasmussen. L'ombre des doutes accompagnera le peloton jusque sur les Champs-Élysées, même si Christian Prudhomme, le directeur du Tour, affirme : « Le classement est davantage crédible qu'hier. Nous voulons rendre le Tour aux centaines de milliers de gens qui le suivent et qui l'aiment. » Défendre la tradition, l'histoire, la force de l'habitude. « Il faut aller jusqu'à Paris. Arrête-t-on les Jeux olympiques lorsqu'il y a un cas de dopage ? Non. Le public mérite le respect. Les coureurs sains méritent le respect. Les organisateurs méritent le respect », tranche Marc Madiot, le manager de l'équipe La Française des jeux. Une route sur laquelle s'engage Nicolas Sarkozy, le président de la République : « Je soutiens les organisateurs de la Grande Boucle, ils ont le courage de mettre dehors les tricheurs. »

Quel Tour à l'horizon 2008 ? Déjà dévoilée, la prochaine édition s'élancera de Brest. Les nuages se seront-ils dissipés. Quelles équipes et quels coureurs pourraient s'aligner ? « Il faudra, à tous les niveaux, mettre la pression pour que ce soit la transparence à 100 %. Ceux qui le refuseront devront rester chez eux », plante Marc Madiot.

« Dans ce sport, la présomption d'innocence n'existe plus. Il faut faire face à la présomption de culpabilité sur tous les acteurs. Il faut aller au bout de cette démarche car on a toujours un petit doute derrière la tête (...) Nous voulons simplement tuer le dopage », tonne Patrice Clerc, le patron d'Amaury Sport Organisation. Christian Prudhomme ajoute : « Il faut frapper sur la chaîne et pas seulement sur les coureurs qui se trouvent en bout de chaîne. Il faut maintenant s'attacher à poursuivre les médecins et l'encadrement des coureurs. Quand je vois des coureurs qui s'assoient pour protester contre le dopage au départ de la course, c'est différent de ce qui se passait il y a dix ans.

» À l'époque, ils protestaient contre les contrôles. Il y a du chemin de parcouru. Un sacré chemin (...) L'accès à nos épreuves qui se fera naturellement sur des critères sportifs sera soumis à un préalable éthique. Nous le mettrons sur pied avec les partenaires concernés comme l'Agence française de lutte contre le dopage. Nous ne donnerons plus notre confiance à des gens qui ne la méritent pas. » Tandis que Dick Pound, le patron de l'Agence mondiale antidopage, propose un sommet réunissant tous les acteurs du cyclisme pour sauver la discipline. Une volonté indispensable face à l'inconscience trop longtemps observée.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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