26 juillet 2007

La Route verte en Outaouais, une piste plus route que verte

De Gatineau aux Laurentides, la rivière des Outaouais offre un spectacle idyllique, agrémenté du parfum d'une papeterie et du doux chant des Harley. Se rendre sur les lieux cependant ne se fait pas sans grincer des dents. Car le prix de l'escapade en autocar avec deux vélos peut coûter cher.

Marie-Ève Blain-Juste

Avec la compagnie Greyhound, qui dessert la plupart des trajets à partir de Montréal, les bicyclettes doivent être transportées dans une boîte de carton. Coût: 10 $, taxes en sus. Puisqu'elles sont «considérées comme des marchandises», on facture au poids. Coût de transport pour deux vélos de route plutôt légers: 92,96 $. Sans compter les deux billets d'autocar: 77,55 $.

Près de 200 $ plus tard, on n'est toujours pas assuré de pouvoir amener sa bécane à bon port. «La bicyclette est transportée dans le même autocar que le voyageur, seulement si l'espace le permet», lit-on sur le site internet de la compagnie. Et nous l'apprenons à nos dépens, puisqu'il faut insister auprès du chauffeur pour loger nos vélos dans la soute à moitié vide.

En arrivant à Gatineau, nous comprenons notre erreur. «La prochaine fois, prenez l'autobus local, nous conseille la caissière du dépanneur qui sert de terminus. C'est plus long, mais c'est seulement cinq piasses pour les béciques.»

Le bruit et l'odeur
Le soleil qui plombe sur l'Outaouais parvient à nous faire oublier les désagréments du matin. En sortant de Gatineau, la Route verte suit le trajet de la 148, ce qui nous permet d'avoir une vue imprenable sur la rivière des Outaouais. La scène est magnifique... sauf pour le bruit et l'odeur.

Nous ne sommes visiblement pas les seuls à avoir décidé de profiter de ce splendide dimanche pour se balader. Les amateurs de moto sont nombreux à faire une promenade au guidon de leur Harley, ce qui détonne dans ce paysage champêtre. Nombreuses aussi, les familles en fourgonnettes et les voitures qui roulent à pleine vitesse.

Autre irritant: l'odeur. Entre Gatineau et Plaisance, l'usine de pâtes et papiers et les quelques fermes donnent à la 148 un parfum singulier. Les gaz d'échappement, eux aussi, incommodent les cyclistes. Mêmes ceux qui, depuis leur tendre enfance, ont connu la pollution de la ville. La Presse n'a d'ailleurs croisé que cinq cyclistes lors de son passage sur ce tronçon de la Route verte.

Qu'à cela ne tienne, à Plaisance, on emprunte la voie cyclable du parc national pour avoir un vent de tranquillité. On raconte que, dans cette escale idéale, les saisons sont marquées par les allées et venues des bernaches, des canards, des hérons et des balbuzards. Outre l'ornithologie, activités nautiques, cyclisme et camping sont offerts aux estivants.

Toute bonne chose ayant une fin, nous retrouvons le trafic de la 148 après quelques kilomètres de répit.

Un mince espoir apparaît à Papineauville. Une pancarte immense annonçant la venue prochaine d'une piste cyclable trône à l'entrée de la ville. On nous assure que, dès 2008, les 12 kilomètres qui séparent Thurso de Plaisance seront entièrement dans le parc national, pour le plus grand bonheur des cyclistes.

Pour l'instant, un petit tronçon de la piste quitte la grande route pour traverser le village par des rues plus paisibles. D'autres municipalités devraient imiter cette initiative d'ici l'inauguration le 10 août.

Laurentides
Rendus à la frontière des Laurentides, nous hésitons. La Route verte de l'Outaouais est derrière nous. Et le nombre de kilomètres qui nous sépare de la maison est trop élevé pour nos cuisses déjà fatiguées.

Mais les 30 °C qui nous chauffent la peau depuis le matin nous donnent sérieusement envie d'une saucette. Le point d'eau le plus proche n'est qu'à une vingtaine de kilomètres, donc nous continuons.

Sur le chemin de la 2e Concession, à Grenville, la route s'allonge devant nous à perte de vue. Avec de chaque côté, des champs, des fermes et quelques silos. Et le silence. Nous ralentissons pour profiter du moment, mais surtout pour éviter les crevaisons sur cette route de gravier plutôt bosselée. Les minces roues de nos vélos tiendront-elles ?

Destination finale, le camping municipal de Brownsburg-Chatham. Ou plutôt, la rivière des Outaouais. Après avoir passé la journée à la regarder du coin de l'oeil, nous pouvons maintenant y plonger. Bonne nouvelle: la baignade est gratuite pour les cyclistes.

La fraîcheur est bienvenue après cette aventure sur une piste plus route que verte. «Le tronçon de la Route verte numéro 2, qui passe par la 117 au nord de Maniwaki, pour aller rejoindre le P'tit Train du Nord est vraiment le plus beau», conseille Martin Beaulieu de Tourisme Outaouais. On y retourne? Sans faute. D'autant plus que la région a un réseau de pistes cyclables très bien développé.

La prochaine fois, on ira aussi voir le Parc de la Gatineau. C'est promis.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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