24 juillet 2007

«Vino» remet la transfusion homologue à la mode

En désuétude depuis la mise au point d'un test efficace, en 2004, la transfusion sanguine homologue n'est pas si obsolète comme le prouve le contrôle positif du Kazakh Alexandre Vinokourov sur un Tour de France où il est de plus en plus mal vu de se promener avec des poches de sang.

Françoise Chaptal

L'homologue prend ainsi sa revanche sur sa version soi-disant améliorée, la transfusion autologue, qui possède l'immense avantage pour les tricheurs d'être encore totalement indétectable. Indétectable mais pas discrète puisque cette méthode de régénération - avec son propre sang - nécessite un arsenal ostentatoire de transport et de réfrigération. À chacune ses défauts.

La transfusion homologue - avec un sang ayant les mêmes groupes et rhésus - n'implique que la présence très ponctuelle, aux côtés du sportif, d'un donneur compatible et volontaire. Elle a l'avantage de ne pas «pomper» le sportif qui cherche à améliorer sa performance et se trouve donc affaibli temporairement par le retrait de sang.

Elle reste enfin d'une grande maniabilité par rapport au processus quasi industriel de l'autologue, ainsi décrit par le professeur Michel Audran, hématologue : « Avant une compétition, un sportif s'injecte deux poches de sang et s'en retire une. À la fin de la compétition, il se retire à nouveau du sang qu'il va conserver quatre semaines. Après quatre semaines, il se réinjecte deux poches et s'en retire une de manière à toujours conserver une poche de sang disponible. »

Puerto et Turin, les tournants
« On estime qu'un sportif peut réaliser jusqu'à douze transfusions et retraits sur une saison », poursuit le Pr. Audran. Conservé à quatre degrés, dans des glacières ou réfrigérateurs, le sang peut se garder six semaines. Il peut également être congelé pendant plusieurs mois.

« Ca paraît difficile aujourd'hui de se balader sur les courses et de descendre dans les hôtels du Tour avec ses glacières », expliquait, avant le départ du Tour Pascal Gorin, ancien commandant à la Brigade des stupéfiants de Paris. « Ca pose un vrai problème de discrétion. Aujourd'hui, on arrive les mains dans les poches. »

À ce titre, l'action de la police est décisive dans l'état de disgrâce que semble traverser l'autologue : l'affaire des skieurs autrichiens surpris en pleine cohabitation avec du matériel de transfusion lors des jeux Olympiques de Turin en 2006 et surtout, trois mois plus tard, le scandale Puerto et la saisie à Madrid, chez le dr Eufemiano Fuentes, d'une quantité impressionnante de centrifugeuses, poches, et autres glacières, a sans doute rabiboché le peloton des tricheurs avec une méthode homologue abandonnée après la mise au point du test de détection, en 2004.

Cette année-là, l'Américain Tyler Hamilton, sur la Vuelta, puis un mois plus tard de son coéquipier espagnol de Phonak Santi Perez avaient été les deux premières et dernières victimes du dépistage élaboré par le laboratoire de Lausanne. Jusqu'à Alexandre Vinokourov.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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