
Olivier Bossé
Vingt-quatre heures après sa décevante quatrième position en Coupe du monde, Marie-Hélène Prémont n’avait pas perdu son sourire légendaire, hier, au Mont-Sainte-Anne. La cycliste se remettait d’une chute sur la tête qui aurait pu lui coûter plus qu’une médaille dans une course de vélo de montagne. « C’est la première fois que je vois noir comme ça ! Pendant deux secondes, je me suis demandé : “Les lumières vont-elles se rallumer ?” » raconte l’héroïne locale, entre deux autographes.
C’est au deuxième de cinq tours que la malchance, incarnée par une racine ou une roche, a frappé. Installée au sein du groupe des meneuses, Prémont veut doubler la Chinoise Ying Liu dans une section apparemment sans danger. « Ça faisait deux fois qu’elle tombait et je ne voulais pas me laisser distancer par les autres », explique l’athlète de 29 ans.
Fausse manœuvre, guidon renversé, Prémont est éjectée de sa monture. Elle prend le coup sur la tête et sur tout le côté gauche, principalement l’épaule. « Je n’ai rien vu venir, ça s’est passé super vite. En me relevant, tout est devenu noir et j’ai senti une pression sous mon casque, comme un bandeau qui me serrait la tête. » Une erreur qui lui fera perdre une minute au total.
Reléguée au huitième rang, elle prend ensuite ses roues à son cou. Elle réussira le meilleur quatrième tour de la course et le deuxième tour le plus rapide de la journée chez les femmes pour sa dernière boucle. « Il m’aurait fallu un tour de plus », lance celle qui trouvait l’épreuve trop courte à cinq tours même avant le départ. « Je me suis même mise à souhaiter qu’il pleuve ! » Mais même avec les meneuses de retour dans son champ de vision, il est trop tard.
À peine débarquée de son vélo, Prémont presse son mécanicien d’examiner sa blessure. Une bosse évidente à la clavicule lui fait croire à une fracture... mais il s’agit en fait d’une blessure remontant à six ans. Elle s’en sort avec une contusion de premier degré. « J’ai pris des Advil hier soir. C’était un peu raide en me levant, mais là, ça va mieux », assure-t-elle après avoir roulé quelque 50 km sur l’asphalte, hier matin, question « d’éliminer l’acide lactique des jambes ».
Pas de maux de cœur, ni d’étourdissements, la commotion cérébrale semble ne pas avoir laissée de trace. Prémont se prépare déjà pour la prochaine étape de la Coupe du monde, dimanche prochain, à Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean. D’ici là, elle abusera de repos, de glace et de l’huile magique de son acuponcteur chinois.
La course a été remportée par la Russe Irina Kalentyeva (1 h 39 min), devant la Chinoise Ren Chengyuan (1 :39 : 10) et l’Allemande Sabine Spitz(1 : 39 : 25). Pour Marie-Hélène Prémont (1 : 39 : 46), gagnante au cours des deux dernières années, il s’agit de son pire résultat au MSA depuis 2003.
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