
Olivier Bossé
Le nom Harvey a retenti à maintes reprises dans les haut-parleurs de l’aire d’arrivée, hier, au pied du mont Sainte-Anne. C’est qu’à l’instar de Pierre, leur illustre père, Alex, Sophie et Laurence ont tous trois pris le départ de l’épreuve de cross-country de la Coupe du Québec de vélo de montagne. Et la famille est rentrée à la maison avec trois médailles.
Comme en ski de fond l’hiver, les enfants ont suivi les traces de leur paternel l’été. « Nos deux parents font du vélo et du ski, on les a suivis », souligne Sophie, la deuxième, accordant du mérite à une maman plus dans l’ombre. Les jeunes ont toutefois choisi une roue plus large. Le cyclisme sur route a mené Pierre Harvey à deux Jeux olympiques (1976 et 1984), soit autant qu’en ski (1984 et 1988). « Si le vélo de montagne avait existé dans mon temps, j’aurais aimé ça ! » avoue celui que plusieurs considèrent comme l’athlète le plus complet dans l’histoire moderne du sport canadien.
À sa première saison dans la catégorie des 50 ans et plus, Harvey a été le meilleur des « mononcles », comme il le dit, bouclant les trois tours de parcours en 56 min 16,986 s. Ce qui est quand même un tour de moins que sa fille Sophie, âgée d’à peine 17 ans ! Au lendemain de son dernier jour d’école secondaire, celle-ci a mérité une deuxième place chez les juniors en 1 : 27 : 57,651.
Dans la première course de la journée, Laurence, juste 14 ans et pourtant aussi grande que sa sœur aînée, a également terminé deuxième des minimes, trois tours plus courts qu’elle a complétés en 41 : 05,705.
Seul Alex n’a donc pas ramené de récompense métallique au domicile familial de Saint-Ferréol-les-Neiges, situé à cinq minutes du mont Sainte-Anne. Il a pris le 10e rang des seniors élites en 1 : 46 : 41,364, plus de six minutes derrière l’Ontarien Adam Morka, le vainqueur des six tours en 1 : 40 : 16,641. « Avec la forme que j’avais, c’est quand même bon », convient l’aîné, dorénavant dévolu à 100 % au ski, où il obtient beaucoup de succès. « Avant, je m’entraînais pour les courses de vélo. Maintenant, les courses de vélo me servent d’entraînement. J’ai de gros objectifs pour cet hiver, à ma dernière année junior. J’ai fait un choix », tranche-t-il.
Se faire un prénom
L’athlète de 18 ans est en train de se faire un prénom. « On parle plus du Alex que du Harvey », résume le souriant jeune homme. Et avec le temps, il prédit la même chose pour ses frangines. Sophie se rendra d’ailleurs dans l’Ouest, en juillet, pour prendre part à une coupe Canada et au championnat canadien junior de vélo de montagne. « À leur âge, c’est normal que ce soit “la fille de” ou “la sœur de”, mais elles vont faire leur place en vieillissant. Les deux ont du talent dans les deux sports », garantit Alex.
Si le grand frère constate que Sophie et Laurence observent ses façons de faire, les deux filles adoptent davantage des modèles féminins, selon lui. En vélo de montagne, elles admirent particulièrement Marie-Hélène Prémont, la médaillée olympique de Château-Richer que les Harvey connaissent bien. Prémont sera justement en action, aujourd’hui.
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