2 juin 2007

L’opprobre est désormais sur tous

Gérard Dreyfus

Sa statue ne sera pas déboulonnée. À Herning, la municipalité a choisi de ne pas tenir compte des révélations de son héros Bjarne Riis, vainqueur du Tour de France en 1996, seul Danois à l’avoir jamais gagné.

Riis a pourtant confessé s’être dopé à l’EPO de 1993 à 1998. Et aujourd’hui, il dirige une des formations qui doit participer dans quelques semaines au Tour 2007.

Les années ont passé ; les héros sont si rares. À Herning comme ailleurs. Le pardon est le privilège de ceux qui n’aiment pas les histoires, surtout celles qui ne les concernent pas directement.

Bjarne Riis a donc balancé, comme on dit familièrement. Sept coureurs de l’ancienne prestigieuse formation allemande Telekom ont avoué, eux aussi, avoir eu recours à l’EPO pour améliorer leurs performances. Trois médecins de la clinique universitaire de Fribourg ont reconnu leur implication dans le dopage.

Une bourrasque.
Une déferlante.
Une tempête.
Une de plus…

Le cyclisme plie mais ne rompt pas. Jusqu’où ira-t-il ? Pourtant cela fait des lustres et des lustres qu’il nous assure avoir compris le message.

Je rappelle que l’an dernier, à la veille du Tour, treize coureurs avaient été interdits de prendre le départ. L’Américain Floyd Landis arrivait en jaune sur les Champs Élysées quelques semaines avant d’être déclaré positif à la testostérone.

Navré de le dire mais le cyclisme nous a fait prendre les vessies pour des poches transparentes. Non Messieurs, nous ne vous croyons plus. Très sûrement vous êtes en train de tuer votre discipline.

Non, on ne vous croit plus. D’autant moins que les dopés d’hier sont souvent ceux qui dirigent les jeunes d’aujourd’hui.

N’est-ce pas Riis qui disait respecter un code éthique, vouloir diriger une équipe propre, à l’abri de tout soupçon. C’est réussi.

Dimanche dernier se sont courus les 500 miles d’Indianapolis, l’épreuve automobile la plus prestigieuse aux États-Unis. Quel rapport avec le cyclisme ? Attendez...

À l’issue de la course, le vainqueur – c’est une tradition qui a plus de soixante-dix ans – se voit récompensé d’une bouteille de lait. Ce rituel remonte à 1936. Le lauréat, cette année-là, avait exigé à l’arrivée une bouteille de lait suivant le sain conseil de sa maman qui lui recommandait de boire du lait pour se désaltérer. Ce geste inspira l’association américaine pour les produits laitiers qui perpétua la tradition à chaque arrivée. Sauf en 1993 où le lauréat, Emerson Fittipaldi fit scandale en réclamant du jus d’orange. Pour assurer la promotion de sa plantation d’agrumes au Brésil.

Un conseil, Messieurs les cyclistes : comme Louis Meyer en 1936, écoutez plus souvent vos mamans.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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