
Il ne fait pas très bon être un athlète d'un sport d'été au Canada ces temps-ci.

Alors que le programme d'excellence hivernal À nous le podium 2010 bénéficie d'un financement fédéral annuel de 22 millions de dollars, Vers l'excellence, son pendant estival, ne reçoit pas un sou.
La situation est préoccupante, reconnaît Alex Baumann, directeur de Vers l'excellence.
« Sur le plan des ressources, il n'y a pas d'équité, surtout considérant qu'il y a deux fois plus de sports et d'athlètes en été, constate le double médaillé d'or olympique. Si on veut être compétitif sur la scène internationale, il faudra y voir. »
Il y a un an, plusieurs acteurs des fédérations de sport d'été s'enthousiasmaient face aux retombées d'À nous le podium 2010, qui semblait avoir eu un impact dès les Jeux olympiques de Turin, l'an dernier. Le Canada y a glané 24 médailles, soit sept de plus qu'à Salt Lake City, quatre ans plus tôt.
Mais depuis que le gouvernement conservateur a refusé de financer le programme d'excellence estival, l'enthousiasme a laissé place à un sentiment d'iniquité.
« Certains athlètes estiment que le gouvernement leur a tourné le dos, il n'y pas de doute là-dessus », reconnaît Chris Rudge, chef de la direction du Comité olympique canadien.
La cycliste Marie-Hélène Prémont, vice-championne olympique en vélo de montagne, fait partie du groupe. « On se sent un peu délaissés, confiait-elle la semaine dernière. On voit déjà plein de commanditaires qui s'associent aux Jeux d'hiver. À mes yeux, ça ne fait pas une grande différence qu'on soit en Chine ou au Canada. En général, les gens regardent ça à la télé. Ils vont être aussi fiers de nous voir là-bas qu'à Vancouver. Pourquoi ce serait plus valorisant d'avoir beaucoup de médailles au Canada et moins en Chine ? »
Absent de la première marche du podium à Montréal, en 1976, et à Calgary, en 1988, le Canada est le seul pays de l'histoire à ne pas avoir gagné de médaille d'or lors de Jeux olympiques tenus sur son sol. À nous le podium 2010 est en quelque sorte une mesure visant à empêcher que cette tendance jugée un peu honteuse se perpétue à Vancouver et Whistler.
« Puisqu'on reçoit des Jeux, je m'attendais à ce que les sports d'hiver reçoivent plus d'argent. C'est naturel. Mais je crois aussi que les athlètes d'été sont en droit de s'attendre à ce que ces Jeux locaux fournissent un meilleur support pour leur sport. Pas autant que les sports d'hiver, mais au moins un peu », souligne Rudge, qui garde toujours espoir de convaincre Helena Guergis, secrétaire d'État aux Sports.
Les espoirs
Les athlètes québécois ont mérité quatre des 12 médailles canadiennes aux Jeux olympiques d'Athènes de 2004. Si la kayakiste Caroline Brunet (bronze, K-1 500 mètres) ne sera pas de retour, le plongeur Alexandre Despatie (argent, 3 m), la cycliste Marie-Hélène Prémont (argent, cross-country) et la plongeuse Émilie Heymans (bronze avec Blythe Hartley, 3 m synchro) seront dans la fleur de l'âge aux prochains JO de Pékin, dans 13 mois.
Réussiront-ils à répéter leurs exploits ?
Marie-Hélène Prémont, 27 ans
Ce n'est pas une médaille d'argent remportée aux derniers Jeux olympiques d'Athènes qui a changé Marie-Hélène Prémont. La cycliste de Château-Richer continue de mener sa barque avec discrétion et fermeté aux quatre coins de la planète. Discrétion parce qu'elle est très peu portée vers les médias et fermeté parce qu'elle a continué de conforter son statut parmi les meilleures spécialistes de vélo de montagne au monde.
En ce sens, ses deux podiums depuis le début de la saison de Coupe du monde parlent d'eux-mêmes. Si sa rivale norvégienne Gunn-Rita Dahle est sur le carreau en raison d'ennuis de santé, la compétition n'en est pas moins féroce avec l'émergence des Chinoises et le retour en force de la Russe Kalentyeva et de l'Espagnole Fullana. Dimanche, à Saint-Félicien, on verra comment elle se remettra de sa violente chute survenue samedi dernier au mont Sainte-Anne.
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